Les fossoyeurs du droit international
Les avertissements concernant le rejet du droit international par le gouvernement fédéral sous la direction de Merz et par la Commission européenne sous celle de von der Leyen sont vivement rejetés à Berlin.
BERLIN/BRUXELLES (rapport exclusif) – Le gouvernement fédéral dirigé par le chancelier Friedrich Merz ainsi que la Commission européenne présidée par Ursula von der Leyen continuent de promouvoir le détournement de Berlin et de l'UE du droit international. Lors de l'une de ses premières réactions à l'agression des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, Merz avait fait des déclarations par lesquelles, selon l'avis d'experts de la Société allemande pour la politique étrangère (DGAP), il a apporté « en réalité son plein soutien politique à la guerre d'agression ». À ce jour, le gouvernement fédéral n'est toujours pas disposé à qualifier cette agression de violation du droit international. Ursula von der Leyen tient toujours des propos similaires ; elle a récemment déclaré, à propos du droit international, que « l'Europe » ne devait « plus être une gardienne de l'ancien ordre mondial ». Le président fédéral Frank-Walter Steinmeier, qui a critiqué mardi le fait que « notre politique étrangère » ne devienne « pas plus convaincante en ne qualifiant pas de violation du droit international ce qui en est une », est vivement attaqué pour cela, notamment par le président du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag. Berlin s'ouvre ainsi à la position de l'administration Trump, selon laquelle les intérêts nationaux priment explicitement sur le droit international. Lire la suite
Les victimes des suites de la guerre
La guerre en Iran menace d'entraîner une paralysie économique aiguë dans de nombreux pays d'Asie et de provoquer une augmentation record du nombre de personnes souffrant de la faim. Berlin, alliée aux agresseurs, ignore cette situation.
NEW DELHI/ISLAMABAD/JAKARTA (rapport exclusif) – La guerre d’agression contre l’Iran, déclenchée par les Etats-Unis et Israël, deux proches alliés de la République fédérale, pèse lourdement sur de nombreux pays d’Asie en raison de l’interruption massive des livraisons de carburant via le détroit d’Ormuz. L’Inde, qui dépend fortement des livraisons de pétrole et de gaz en provenance de la région du Golfe, figure parmi les pays les plus touchés. Dans ce pays, des entreprises de tous types – des petits restaurants aux usines du plus grand groupe métallurgique du pays – sont menacées de fermeture. Au Pakistan et au Bangladesh, des mesures visant à réduire la consommation de carburant ont dû être annoncées, notamment la fermeture des écoles et des universités. L’Indonésie a également annoncé des mesures d’économie dans toutes les administrations publiques. Le Programme alimentaire mondial des Nations unies met en garde contre une aggravation de la crise alimentaire, qui pourrait faire augmenter de 45 millions le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde. Actuellement, un léger soulagement se profile grâce à l'autorisation accordée par l'Iran aux navires de pays non hostiles de transiter par le détroit d'Ormuz. Berlin, alliée aux agresseurs, ne se soucie pas de la situation d'urgence en Asie du Sud et du Sud-Est. Lire la suite
La soumission de l'Amérique latine (II)
L’Allemagne ignore le blocus imposé des États-Unis contre Cuba ainsi que les autres mesures états-uniennes visant à soumettre l'Amérique latine. D'autres pays, comme l'Espagne, s'y opposent. Une flottille de solidarité est arrivée à Cuba.
BERLIN/WASHINGTON/LA HAVANE (rapport exclusif) – Le gouvernement fédéral ignore le blocus total des États-Unis contre Cuba et les nouvelles tentatives de l’administration Trump de soumettre toute l’Amérique latine, et cherche des « points d’accord transatlantiques ». Alors qu’une flottille internationale de solidarité est arrivée à La Havane ce week-end et que l’Espagne, membre de l’UE, envoie également des secours à cet État des Caraïbes, Berlin ne dit mot et mise sur un « partenariat » avec les États-Unis.Ces derniers exigent actuellement la chute du président cubain Miguel Díaz-Canel ainsi que la mise du pays sous leur commandement. Si le blocus imposé par les États-Unis à l’île depuis plus de six décennies y avait déjà causé de graves dommages, le blocus pétrolier actuel provoque des problèmes d’approvisionnement dramatiques. Le président des US Donald Trump déclare par ailleurs qu’il peut « faire ce qu’il veut » avec Cuba. Parallèlement, il a fondé une nouvelle organisation régionale (« Shield of the Americas »), composée uniquement d’États gouvernés par l’extrême droite et dirigée contre la Chine. En Colombie et au Brésil, les Etats-Unis s’ingèrent dans les campagnes électorales en cours, et ce, en faveur de candidats d’extrême droite dans les deux cas. Lire la suite
Les installations énergétiques sous le feu
L'UE veut sécuriser le détroit d'Ormuz après la fin des combats. Cela leur conférerait de l'influence dans la région. Des attaques contre le champ gazier de South Pars risquent de transformer la guerre en conflit régional généralisé.
BERLIN/TÉHÉRAN (rapport exclusif) – Lors de son sommet qui s’est tenu hier jeudi, l’UE a largement réaffirmé la position allemande concernant la guerre en Iran. Elle entend ainsi prendre des mesures « afin de garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz », mais seulement lorsque « les conditions nécessaires seront en place » Cela correspond à l'annonce faite par le chancelier fédéral Friedrich Merz, qui a déclaré ne vouloir intervenir dans la région qu'après la fin de la guerre. Berlin et l'UE prévoient toutefois d'y afficher leur présence afin de s'assurer une plus grande influence au Moyen-Orient. La communication intervient alors que la région, après l'attaque israélienne contre le champ gazier iranien de South Pars, est au bord de l'extension de la guerre en un conflit régional généralisé. La raison en est, d'une part, qu'Israël cherche à détruire complètement l'Iran ; ce qui est considéré comme une condition préalable à la création d’un « Grand Israël », que l’ambassadeur américain dans le pays juge possible à l’issue des guerres. L'attaque contre le champ gazier ainsi que les contre-attaques iraniennes contre des installations énergétiques dans la péninsule arabique rendent par ailleurs plus difficile pour les États de la région de ne pas entrer dans la guerre. Dans le même temps, les Etats-Unis continuent de s’opposer à la Chine dans le cadre de la guerre contre l’Iran. Lire la suite
Le détroit d'Ormuz
Le débat sur la participation allemande à une opération navale dans le détroit d'Ormuz s'ouvre. L'escorte de pétroliers ne permettrait d'assurer que 10 % du trafic d'avant-guerre. Paris prévoit une coalition navale pour l’après-guerre.
BERLIN/PARIS/TÉHÉRAN (rapport exclusif) – À Berlin, les premiers plaidoyers en faveur d’une participation allemande à l’opération navale dans le détroit d’Ormuz, exigée par le président des US Donald Trump, se font entendre. Il serait « impératif » de « défendre militairement » la liberté de navigation dans le détroit au large des côtes iraniennes, déclare Thomas Röwekamp, responsable des questions militaires au sein de la CDU ; « une contribution allemande serait également nécessaire ». Cela va à l’encontre de la position du gouvernement fédéral, qui a jusqu’à présent rejeté toute participation allemande à d’éventuelles opérations des forces armées occidentales dans le détroit d’Ormuz. Les experts soulignent qu'il faudrait jusqu'à douze navires de guerre pour escorter cinq à dix pétroliers à travers le détroit. Cela n'offrirait toutefois aucune sécurité, car les troupes iraniennes pourraient attaquer à très courte distance. Une invasion US sur la côte sud de l'Iran serait une alternative envisageable, mais elle entraînerait à nouveau les forces terrestres US dans une guerre de long terme au Moyen-Orient. Parallèlement aux exigences des US, la France cherche à forger une coalition navale qui, avec la participation des États arabes, serait chargée de sécuriser le détroit d’Ormuz, mais seulement après un apaisement du conflit, dans lequel elle ne souhaite pas être impliquée. Lire la suite
Avant le choc des prix
La guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz qui en découle font grimper les prix du pétrole et du gaz. Cela suscite des inquiétudes quant à un nouveau choc énergétique. Les conséquences pour l'industrie allemande seraient graves.
BRUXELLES/BERLIN (rapport exclusif) – En libérant des réserves stratégiques de pétrole dans des proportions sans précédent, l'Allemagne et les 31 autres États membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) cherchent à prévenir la pénurie de pétrole qui menace en raison de la guerre en Iran. Les membres de l'AIE ont décidé mercredi dernier de libérer 400 millions de barils de pétrole, soit un tiers des réserves totales de 1,2 milliard de barils. Les experts doutent que cette mesure soit suffisante. Avant la guerre en Iran, environ un cinquième de la production mondiale de pétrole transitait par le détroit d'Ormuz, qui n'est plus praticable en raison du conflit. Selon les estimations du secteur, il manque chaque jour environ 16 millions de barils de pétrole sur le marché mondial. Un blocage prolongé du détroit devrait également faire grimper le prix du gaz. Les économistes mettent en garde contre un choc des prix qui pourrait être encore plus fort que celui qui a suivi le début de la guerre en Ukraine. Pour l'Allemagne, les conséquences pourraient être particulièrement graves : des prix de l'énergie durablement élevés menaceraient de peser sur la production et la croissance et de déclencher de nouvelles poussées inflationnistes, selon eux. Au sein de l'UE, une intervention navale dans le détroit d'Ormuz est en discussion. Lire la suite
« Une agression inacceptable »
Les cercles du pouvoir des Émirats arabes unis formulent de graves accusations contre les Etats-Unis au sujet de la guerre contre l'Iran. Les États européens poursuivent une politique de puissance indépendante au Moyen-Orient.
ABOU DHABI/BERLIN/WASHINGTON (rapport exclusif) – Les accusations portées contre les Etats-Unis par les cercles du pouvoir aux Émirats arabes unis mettent en lumière la position des pays européens dans la guerre contre l'Iran. La semaine dernière déjà, le milliardaire émirati Khalaf Ahmad al Habtoor, évoquant les dégâts causés par les bombardements iraniens dans son pays, a critiqué l'administration Trump pour avoir placé les pays de la péninsule arabique « au cœur d'un danger qu'ils n'ont pas choisi » : « Qui vous a donné la permission de transformer notre région en champ de bataille ? » Malgré les dégâts mentionnés, les Émirats ne sont pas disposés à entrer en guerre contre l’Iran. Ce dernier point est confirmé par des fonctionnaires émiratis anonymes, qui déclarent qu'après la guerre, ils chercheront un nouvel équilibre avec Téhéran. Al Habtoor, proche du centre du pouvoir émirati, déclare aux Etats-Unis : « Nous n'avons pas besoin de votre protection. » Paris, qui se présente comme une alternative à Washington, a participé à la riposte contre les tirs iraniens pour défendre les Émirats et envoie désormais d'autres navires de guerre dans la région. Le chancelier fédéral Friedrich Merz prend prudemment ses distances avec Washington. Lire la suite
La contribution de l'Europe à la guerre
Les grands pays européens membres de l'OTAN envoient des troupes au Proche et au Moyen-Orient. Merz met en garde contre un exode massif depuis l'Iran si les Etats-Unis et Israël plongent le pays dans une guerre civile.
BERLIN/WASHINGTON (rapport exclusif) – En envoyant des troupes au Proche et au Moyen-Orient et en ouvrant des bases militaires aux avions de combat US, l'Allemagne et d'autres pays européens membres de l'OTAN soutiennent la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran. La base militaire de Ramstein fait partie des bases que les forces armées US sont autorisées à utiliser. En autorisant cela, le gouvernement fédéral enfreint le droit international, soulignent les experts. La Grande-Bretagne et la France veulent envoyer des porte-avions en Méditerranée orientale, voire dans le golfe Persique ; les Pays-Bas, l'Espagne et la Grèce envoient des frégates. L'objectif est pour l'instant d'intercepter les drones et les missiles en provenance d'Iran et surtout de protéger Chypre, membre de l'UE ; les pays européens membres de l'OTAN couvrent ainsi les arrières des Etats-Unis et d’Israël. Le chancelier fédéral Friedrich Merz insiste en même temps pour que la guerre se termine rapidement. Les raisons en sont l'inquiétude concernant l'approvisionnement de l'Allemagne en matières premières, notamment en pétrole et en gaz, ainsi que la crainte d'un exode massif d'Iraniens vers l'Europe si le pays sombre dans une guerre civile sanglante. Déclencher une guerre civile est l'une des stratégies que les Etats-Unis et Israël menacent de mettre en œuvre. Lire la suite
La question nucléaire allemande
Berlin et Paris prévoient d'intégrer la Bundeswehr dans les opérations des forces nucléaires françaises. Les premières manœuvres communes sont déjà prévues pour 2026. De nouvelles demandes en faveur d'une bombe allemande se font entendre.
PARIS/BERLIN (rapport exclusif) – Les projets franco-allemands visant à mettre en place un « parapluie nucléaire » européen avancent. Selon le président Emmanuel Macron, la France transférera à l'avenir les Forces aériennes stratégiques – les unités de l'armée de l'air française prévues pour une éventuelle utilisation d'armes nucléaires – dans d'autres pays européens. Cela confère à la dissuasion nucléaire française « une nouvelle profondeur stratégique », explique Macron. En outre, cela confirme la « dimension européenne » des « intérêts vitaux » de la France. Le fait que ces derniers soient concernés est une condition essentielle pour l'utilisation des armes nucléaires françaises. Selon Macron, l'Allemagne est un « partenaire clé » dans la « dissuasion avancée » que le président français a officiellement annoncée lundi. Un « groupe de pilotage nucléaire » franco-allemand a déjà été mis en place. La Bundeswehr devrait participer dès cette année à des exercices de guerre nucléaire français. Comme la stratégie nucléaire actuelle de la France n'offre pas non plus de garantie de défense ferme aux États européens participants, des voix s'élèvent à nouveau en Allemagne pour réclamer une « bombe allemande ». Lire la suite
Guerre sans limites
L’Allemagne soutient les Etats-Unis et Israël dans leur guerre d'agression contre l'Iran, contribuant ainsi à la dissolution progressive du droit international. Les assassinats de hauts représentants d'État deviennent une pratique banale.
WASHINGTON/TEL AVIV/BERLIN (rapport exclusif) – Les Etats-Unis et Israël bénéficient à nouveau du soutien du gouvernement fédéral allemand dans leur deuxième guerre d'agression contre l'Iran en neuf mois. Le chancelier fédéral Friedrich Merz a déclaré dimanche dernier, au sujet de l'attaque américano-israélienne contre l'Iran, manifestement contraire au droit international, qu'il ne souhaitait pas « classer » cette guerre au regard du droit international : « Ce n'est pas le moment de donner des leçons à nos partenaires et alliés ». Au contraire, il a exhorté l'Iran, dont le régime meurtrier n'exerce dans ce cas que son droit légitime à l'autodéfense en lançant des attaques à la roquette contre des bases militaires US et Israël, à « mettre immédiatement fin à ces attaques aveugles ».En approuvant des attaques contraires au droit international et en critiquant une légitime défense conforme au droit international, Merz contribue à la dissolution du droit international, que l'administration Trump ne reconnaît de toute façon plus. L'abandon du droit international s'accompagne d'une normalisation de la guerre par des frappes décapitantes : une fois de plus, les premières frappes aériennes ont visé les dirigeants politiques et militaires iraniens. Tout le monde est libre d'imiter cette stratégie dans les guerres futures. Lire la suite




