Rupture de l'ordre mondial
Plusieurs pays occidentaux, dont le Canada et la Grande-Bretagne, se tournent prudemment vers la Chine pour échapper à la domination des Etats-Unis. L'Allemagne et l'UE restent ambivalentes, mais tendent néanmoins des perches vers l’Est.
OTTAWA/LONDRES/BERLIN (rapport exclusif) – Les gouvernements de certains pays occidentaux commencent à rétablir des relations plus étroites avec la Chine et s'efforcent ainsi de trouver des alternatives politiques et économiques à la soumission à l'administration Trump. La raison en est la volonté des États-Unis de mettre à genoux leurs alliés en Amérique du Nord et en Europe et de les piller de plus en plus. Le Canada, menacé d'annexion par Washington, a été le premier pays à conclure un partenariat stratégique avec la Chine la semaine dernière. Le Premier ministre Mark Carney a justifié cette décision dans un discours très remarqué prononcé lors du Forum économique mondial de Davos, en soulignant que l'on assistait actuellement à une « rupture de l'ordre mondial », due au fait que les grandes puissances ne s'imposaient plus « aucune contrainte ». Seule la coopération avec d'autres États permettrait d'échapper à la soumission. La Grande-Bretagne cherche également à renouer ses relations avec la République populaire. Des signaux contradictoires émanent de Berlin et de Bruxelles. Le Conseil européen des relations étrangères (ECFR) commente ainsi les conséquences de la politique de force menée par les US : « Trump is making China great again ». Lire la suite
De la côte est à la côte nord
L'Allemagne renforce sa présence militaire dans l'Atlantique Nord et développe pour cela sa coopération militaire avec l'Islande et le Canada, sans des Etats-Unis.
BERLIN/REYKJAVÍK/OTTAWA (rapport exclusif) – L'Allemagne renforce sa présence militaire dans l'Atlantique Nord et développe systématiquement la coopération de la Bundeswehr avec l'Islande et le Canada. C'est le résultat des discussions menées par le ministre de la Défense Boris Pistorius au début de la semaine à Reykjavík et à Ottawa. Sur le plan stratégique, il s'agit avant tout de fermer la soi-disant brèche GIUK, c'est-à-dire les voies maritimes entre le Groenland (G), l'Islande (I) et la Grande-Bretagne (UK) que les sous-marins russes doivent emprunter s'ils veulent quitter leurs bases de la péninsule de Kola pour rejoindre l'Atlantique afin d'y attaquer les voies d'approvisionnement transatlantiques. En Islande, qui occupe une position clé à cet égard, le gouvernement fédéral allemand prévoit de stationner régulièrement des avions de reconnaissance maritime de type P-8A Poseidon, spécialisés dans la chasse aux sous-marins, et d'utiliser les ports du pays comme points de débarquement pour les navires de guerre allemands. En outre, la Bundeswehr doit coopérer plus étroitement avec les forces armées canadiennes, qui aspirent à une plus grande indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Le cadre est constitué par un « partenariat de sécurité pour l'Atlantique Nord », lancé en 2024 et regroupant l'Allemagne, le Canada, la Norvège et le Danemark. Lire la suite
