Berlin couvre la politique violente US
Le gouvernement fédéral continue de couvrir la politique de violence des États-Unis en Amérique latine – même après le vol de facto des réserves pétrolières vénézuéliennes par Trump et malgré l'étranglement de Cuba par les États-Unis.
BERLIN/LA HAVANE/CARACAS (de notre rédaction) – Le gouvernement fédéral allemand continue de couvrir la politique de violence menée par les Etats-Unis à l’égard de l’Amérique latine, même après le pillage de facto des réserves pétrolières vénézuéliennes par Washington et malgré l’aggravation de la crise humanitaire à Cuba, pays étranglé par les Etats-Unis. Alors que le chancelier fédéral Merz avait déjà affirmé, après l’invasion des US du Venezuela et l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro, que la « qualification juridique » de ce crime violent était « complexe », le gouvernement fédéral a déclaré en début de semaine, au sujet du pillage de facto d’importantes réserves pétrolières vénézuéliennes par l’administration Trump, qu’il n’était pas au courant – après tout, il n’était « pas partie à cet accord ». Concernant l’étranglement de Cuba par les Etats-Unis, qui imposent depuis des décennies un blocus économique total au pays et le privent désormais également de son approvisionnement en pétrole, le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul avait déclaré en juin : « Je ne vois pas de blocus de ce type… » Dans une prise de position récente, le gouvernement fédéral a déclaré que la situation d’urgence humanitaire à Cuba était due à « une mauvaise gestion, un refus de mener des réformes et des catastrophes naturelles récurrentes […]. » Aucune critique n’a été formulée à l’encontre du blocus des US, contraire au droit international. Lire la suite
« Une situation déchirante »
Entretien avec Walter Baier sur la situation à Cuba, l’inaction totale de l’UE face à l’agression américaine contre le pays, et le nouvel accord de la Gauche européenne avec le parti au pouvoir cubain.
german-foreign-policy.com s'est entretenu avec Walter Baier au sujet de la situation à Cuba et de la politique de l'UE à l'égard de ce pays. M. Baier, président de la Gauche européenne (EL), s'est rendu à Cuba en août afin de signer, au nom de l'EL, un accord visant à renforcer la coopération avec le Parti communiste cubain. La situation sur place serait « dramatique » – en raison du blocus des US et de l’embargo pétrolier –, rapporte M. Baier : les transports publics se seraient effondrés à cause de la pénurie de carburant ; seuls 30 % des médicaments nécessaires seraient disponibles. La mortalité infantile, qui était « il y a encore quelques années même inférieure à celle des US », aurait « plus que doublé ». Baier dénonce l’inaction totale de la Commission européenne face à l’agression américaine et explique que le nouvel accord de coopération de son parti constitue « un engagement volontaire » à soutenir davantage Cuba à l’avenir. Baier est membre du Parti communiste autrichien (KPÖ), qui, fin juin, lors des élections municipales à Graz, la deuxième plus grande ville du pays, est devenu le premier parti avec 35,7 % des voix et qui, pour la deuxième fois déjà, fournit la maire en la personne d’Elke Kahr. Outre le KPÖ, Die Linke et le Parti du travail de Belgique font partie de la Gauche européenne (EL). Lire la suite
Les lignes rouges de la Russie
Le débat autour de l'attaque par drone contre l'aéroport de Leipzig soulève à nouveau la question des lignes rouges de la Russie dans la guerre en Ukraine.
MOSCOU/BERLIN/LONDRES (de notre rédaction) – Le débat autour de l’attaque par drone contre l’aéroport de Leipzig soulève une nouvelle fois la question des « lignes rouges » de la Russie dans la guerre en Ukraine. Ces dernières années, Moscou a averti à maintes reprises que si les pays occidentaux franchissaient ses « lignes rouges » – par exemple en fournissant à l’Ukraine des missiles à longue portée permettant aux forces armées ukrainiennes d’attaquer des cibles situées loin à l’intérieur du territoire russe –, elle se réservait le droit de réagir. Or, le cœur du territoire russe est désormais attaqué par des drones à longue portée de fabrication britannique. De tels drones sont également fabriqués en République fédérale d’Allemagne, explicitement destinés à l’exportation vers l’Ukraine. Un conseiller du gouvernement russe a récemment confirmé qu’il pourrait y avoir « tôt ou tard » une « réaction non seulement verbale, mais peut-être aussi visible » à cet égard. Des cyberattaques ou des « mesures semi-militaires » seraient également envisageables. Les cibles pourraient alors être choisies de manière asymétrique. S’il s’avérait que les auteurs de l’attentat de Leipzig étaient en contact avec des instances russes, cet attentat pourrait constituer une réaction de la Russie au franchissement de ses lignes rouges. L’Allemagne se retrouverait alors un peu plus engagée dans la guerre. Lire la suite
À l’ère des armes nucléaires (III)
Le gouvernement fédéral envisage de participer aux forces nucléaires britanniques – par exemple en livrant des missiles. Dans certains cas, cela pourrait impliquer un droit de regard sur les armes nucléaires britanniques.
LONDRES/BERLIN (de notre rédaction) – À Berlin, on envisage de coopérer avec les forces nucléaires britanniques. C’est ce que rapporte le quotidien The Telegraph. Cela pourrait permettre à l’Allemagne d’exercer une influence, voire d’avoir son mot à dire, sur l’utilisation des armes nucléaires. Dans un premier temps, il est question d’apporter un soutien non nucléaire aux forces nucléaires du Royaume-Uni – par exemple en déployant des batteries de défense antiaérienne Patriot à la base sous-marine écossaise de Faslane, où sont stationnés des sous-marins nucléaires armés d’ogives. De plus, à long terme, les éléments US des forces nucléaires britanniques – par exemple les missiles Trident – pourraient être remplacés par des systèmes d'armement germano-britanniques. Ces réflexions s’appuient sur le renforcement de la coopération germano-britannique en matière d’armement, qui s’est accélérée notamment depuis l’année dernière et qui comprend des investissements considérables de la part des fabricants d’armes allemands au Royaume-Uni, de Rheinmetall à Helsing. Dans les milieux de l’armement, on parle déjà d’un « âge d’or » de la coopération germano-britannique dans la fabrication de systèmes d’armes de toutes sortes – des chars aux drones pilotés par l’IA. Lire la suite
L'accord de La Mecque et ses conséquences
Le nouvel accord de défense de La Mecque entre l'Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie redessine les relations stratégiques au Proche et au Moyen-Orient, région importante pour l'Allemagne, et aura des conséquences sur l'OTAN.
RIAD/ANKARA/ISLAMABAD/BERLIN (de notre rédaction) – Une nouvelle alliance militaire au Moyen-Orient modifie les relations stratégiques dans une région importante pour l'Allemagne et pourrait avoir des conséquences considérables pour l'OTAN. L’« accord de La Mecque » a récemment été conclu entre l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie. Il prévoit une garantie d’assistance mutuelle similaire à l’article 5 du Traité de l’OTAN et soulève la question de savoir si l’OTAN pourrait être entraînée dans une guerre si la Turquie venait à être attaquée dans le cadre de ses obligations découlant de l’accord de La Mecque. Alors que nombreux sont ceux qui spéculent sur le fait que l’objectif principal de cet accord serait de former un front uni contre l’Iran, une analyse plus approfondie montre que cette nouvelle alliance est une réaction au déclin de l’influence des Etats-Unis et vise avant tout à offrir une protection contre Israël, qui est de plus en plus considéré comme le principal agresseur au Proche et au Moyen-Orient. La Turquie, par exemple, depuis que son influence en Syrie a massivement augmenté après la chute de Bachar al-Assad, est entrée en contradiction plus marquée avec Israël. Le Pakistan, quant à lui, constate avec inquiétude que son ennemi juré, l'Inde, coopère de plus en plus étroitement avec Israël – notamment dans les domaines de l'industrie d'armement et de la coopération militaire, comme en témoignent des exercices aériens conjoints. Lire la suite
La voie vers l'abîme
La Russie qualifie l'utilisation de drones britanniques à longue portée dans la guerre en Ukraine de participation britannique au conflit et menace de riposter. L'Allemagne livre également des drones à longue portée.
MOSCOU/LONDRES/BERLIN (de notre rédaction) – La récente escalade dangereuse dans les relations entre la Grande-Bretagne et la Russie suscite de vives inquiétudes à Londres et fait craindre une évolution similaire pour l’Allemagne. Le Royaume-Uni a commencé à fournir des drones à longue portée à l’Ukraine et à les autoriser à attaquer des cibles situées loin à l’intérieur du territoire russe. Kiev les a notamment utilisés pour mener des attaques contre des raffineries de pétrole russes. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a alors déclaré que Moscou était en droit de considérer cela comme une participation britannique à la guerre. En conséquence, les contre-attaques russes – quelles qu’elles soient – sont autorisées. Le gouvernement fédéral allemand soutient lui aussi la production de drones à longue portée sur son propre territoire et leur livraison à l’Ukraine, afin de permettre des attaques en profondeur sur le territoire russe. On ignore si de telles livraisons ont déjà eu lieu. Les ripostes russes pourraient également prendre une forme asymétrique, par exemple sous la forme de cyberattaques ou d’attaques soi-disant « hybrides ». À Londres, la coupure des canaux de communication centraux avec la Russie suscite des inquiétudes particulières. Un ancien attaché militaire britannique met en garde contre le risque d’une escalade armée involontaire que cela pourrait entraîner. Lire la suite
AIX-LA-CHAPELLE german-foreign-policy.com fait une pause vacances jusqu'au 21 août 2026. Nous reprendrons ensuite, avec notre régularité habituelle, la publication d'actualités, d'analyses et d'entretiens sur la politique étrangère allemande. D'ici là, nous vous invitons à consulter nos archives. La rédaction Lire la suite
À l'ère des armes nucléaires (II)
L’OTAN envisage le déploiement d’armes nucléaires US supplémentaires en Europe – peut-être à proximité de la frontière russe. En février, le dernier accord sur le contrôle des armements nucléaires a expiré.
BRUXELLES/WASHINGTON/BERLIN (de notre rédaction) – L’OTAN se prépare à un nouveau renforcement de son arsenal nucléaire en Europe et envisage le déploiement d’armes nucléaires près de la frontière avec la Russie. Comme on l’a appris à la fin de la semaine dernière, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, n’exclut pas le transfert d’armes nucléaires US supplémentaires sur le continent européen. Selon des experts, de nouvelles bombes atomiques américaines auraient déjà été déployées au Royaume-Uni. Parmi les sites potentiels cités figurent des pays situés à proximité ou à la frontière de la Russie, notamment la Finlande et la Lituanie. Pour permettre cette mesure, la Lituanie est en train de modifier sa Constitution. Le chancelier fédéral Friedrich Merz a récemment laissé entendre qu’il y était favorable. M. Rutte admet publiquement que ce projet est assez « délicat » au regard d’une « Russie dotée de l’arme nucléaire ». Les Etats-Unis ont entre-temps remplacé leurs bombes stockées à Büchel par le nouveau modèle B61-12, qui peut être utilisé à des fins « tactiques », ce qui abaisse le seuil de la guerre nucléaire. La modernisation de Büchel, nécessaire à la mise à niveau des capacités nucléaires, coûte des milliards. Parallèlement, la France procède également à un renforcement de son arsenal nucléaire national, en coordination avec la République fédérale d’Allemagne. Lire la suite






