Domination allemande
Le réarmement massif de la République fédérale déclenche dans plusieurs États européens des mises en garde contre une « grande puissance militaire » allemande et contre une domination allemande ouverte sur le continent.
BERLIN/PARIS/VARSOVIE (rapport exclusif) – Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul demande à la France de procéder à des coupes budgétaires « y compris dans le domaine social » afin de financer un réarmement massif.« Malheureusement », « les efforts » du gouvernement français pour réaffecter des fonds au budget militaire sont « insuffisants », estime M. Wadephul. Paris est « appelé » à changer cela. Cette ingérence ouverte dans les affaires intérieures de la France s'explique par le mécontentement croissant de plusieurs États européens face au réarmement massif de l'Allemagne, qui fera de la République fédérale une « grande puissance militaire » d'ici quelques années, comme l'indique un article publié dans le magazine US Foreign Affairs. Dès l'automne, des voix s'étaient élevées à Paris pour avertir que si l'Allemagne réussissait à devenir une puissance militaire, elle serait alors « extrêmement dominante » au sein de l'UE. Récemment, le directeur de la Conférence de Munich sur la sécurité, Wolfgang Ischinger, a confirmé qu'il sentait, lors de discussions en France et en Pologne, que « d'anciennes réserves refaisaient surface », à savoir « la crainte d'une domination allemande ». Les diplomates de l'UE diagnostiquent déjà un « glissement tectonique » sur le continent. En France, les premières mises en garde publiques contre une « Europe allemande » se font entendre. Lire la suite
Blocage des frontières unilateral (II)
La Pologne met en place ses propres contrôles à la frontière germano-polonaise en réponse aux contrôles allemands. Berlin continue de refouler les demandeurs d'asile, même si ça a été jugé illégal par les tribunaux.
BERLIN/VARSOVIE/LUXEMBOURG (rapport exclusif) – La Pologne réagit aux contrôles mis en place unilatéralement par Berlin aux frontières extérieures allemandes et instaure à son tour des contrôles à la frontière germano-polonaise. C'est ce qu'a annoncé le Premier ministre Donald Tusk mardi dernier. Selon Tusk, il aurait discuté « à plusieurs reprises » avec le chancelier allemand Friedrich Merz de cette mesure vivement critiquée en Pologne. Il aurait même averti « la partie allemande » dès le mois de mars, c'est-à-dire avant sa mise en place, des conséquences à prévoir. En vain : le gouvernement fédéral reste inflexible sur les contrôles et surtout sur le refoulement illégal des demandeurs d'asile. Début juin, le tribunal administratif de Berlin a déclaré cette pratique illégale dans une procédure exemplaire. Merz et le ministre de l'Intérieur Alexander Dobrindt ont dit qu'ils continueraient à appliquer cette pratique malgré le jugement rendu. Les contrôles, qui causent de graves perturbations dans la vie quotidienne de toute la zone frontalière et nuisent sérieusement au mythe d'une Europe « sans frontières » à l'intérieur de ses frontières, suscitent également un grand mécontentement dans d'autres pays, comme au Luxembourg, dont le Premier ministre Luc Frieden s'est exprimé mardi à Berlin. Lire la suite

