Les conséquences du double standard
L’Allemagne subit un sérieux revers avec l’échec de la candidature allemande à un siège au Conseil de sécurité des Nations unies. Le double standard en matière de politique étrangère est considéré comme l’une des principales causes.
BERLIN/NEW YORK (rapport exclusif) – L’échec de la candidature allemande à un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies inflige un sérieux revers aux ambitions de politique mondiale du gouvernement fédéral. Avec seulement 104 voix, l’Allemagne est arrivée mercredi lors du vote à New York loin derrière des États nettement plus petits que sont le Portugal (134) et l’Autriche (131). L’une des principales causes largement reconnues est le double standard avec lequel Berlin opère : alors qu’il reproche sévèrement à des adversaires comme la Russie des violations supposées ou réelles du droit international, il accepte sans réagir les crimes d’alliés proches, comme ceux d’Israël ou des États-Unis. À l’avenir, on ne devra « appliquer aucun double standard en matière de droit international », peut-on lire désormais, en réaction à cet échec, y compris au sein du parti gouvernemental SPD. Cet événement montre également que la domination des grands États occidentaux dans la politique internationale s’effrite et que des pays plus petits comme l’Autriche ou le Portugal peuvent compter sur de nouvelles sympathies. Le gouvernement fédéral laisse entendre qu’il ne déposera une nouvelle candidature qu’à partir de la période 2035/36. Des voix s’élèvent pour réduire les contributions à l’ONU si l’on n’obtient pas de siège au Conseil de sécurité. Lire la suite
Au Panthéon des collaborateurs
L’Ukraine rapatrie les dépouilles de collaborateurs nazis, donne le nom de tueurs de masse à une unité de forces spéciales et planifie d’autres réinhumations. Deux célèbres collaborateurs nazis sont enterrés à Munich. Berlin se tait.
BERLIN/KIEV (rapport exclusif) – Le gouvernement fédéral se tait face aux hommages répétés rendus à Kiev à des collaborateurs nazis ukrainiens et à des criminels de masse – et ce, bien que les autorités allemandes puissent bientôt permettre de tels hommages supplémentaires. La semaine dernière, la dépouille d’Andrij Melnyk a été transférée du Luxembourg vers l’Ukraine et y a été réinhumée, en présence du président Volodymyr Zelensky. Melnyk était le chef de l’OUN(M) (Organisation des nationalistes ukrainiens Melnyk), une organisation de collaborateurs nazis ukrainiens dont beaucoup rejoignirent la division SS Galicie. De plus, Zelensky a décerné à une unité des forces spéciales ukrainiennes le titre de « Héros de l’UPA ». L’UPA (Armée insurrectionnelle ukrainienne) a massacré pendant la Seconde Guerre mondiale près de 100 000 Polonais et d’innombrables Juifs. Des protestations contre ces mesures sont venues de Pologne et d’Israël, mais pas du gouvernement fédéral. Kiev prévoit désormais la construction d’un « Panthéon des Ukrainiens éminents » et entend pour cela transférer d’autres collaborateurs des nazis. On discute du transfert des dépouilles de deux d’entre eux, qui sont enterrés à Munich. Les autorités allemandes devraient approuver cette démarche. Lire la suite

