Sale secret

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WASHINGTON/BERLIN/PARIS (Compte-rendu de la rédaction) - Des cercles issus de l'armée américaine préconisent une réorganisation ethnique de presque tous les pays du proche et moyen orient. Des pertes de territoires et de nouvelles frontières concerneraient presque tous les pays, dont entre autres la Turquie, la Syrie, le Liban, l'Arabie Saoudite, l'Iran, l'Irak et le Pakistan. Par la dissolution d'états entiers, on veut créer de nouvelles entités assujetties au droit international, qui seraient formés selon la religion et les tribus d'appartenance. Ainsi, serait crée sur les terries d'Irak du nord et de la Turquie orientale d'aujourd'hui un état ayant une superficie triple de celle de la Syrie actuelle, portant le nom de "Kurdistan libre". Le reste de l'Irak serait alors divisé, la capitale Bagdad déposée. L'Iran perdrait de larges parties de sa côte, ainsi que les régions limitrophes du Pakistan, ou serait crée un "Baloutchistan libre". La Mecque et Médine, qui étaient jusqu'alors situées en Arabie Saoudite, deviendraient les capitales d'un état théocratique, qui viendrait s'établir au sud de la frontière jordanienne - avec un doublement du territoire hachémite. La réorganisation ethnique est portée sur plusieurs cartes américaines que l'historien Dr. Pierre Hillard (Paris) publie en France. "La politique allemande joue un rôle majeur dans la propagation des ces idées", affirme-t-il dans un entretien accordé à la rédaction de german-foreign-policy.com, qui publie ces cartes pour la première fois en Allemagne.

La recommandation d'un renversement complet de l'ordre des états actuel est paru dans le journal "Armed Forces Journal" (AFJ, Juin 2006), un périodique de la "Army Publishing Compagny". Cette entreprise publie au moins une dizaine de périodiques militaires (entre autres "Armed Times", "Navy Times"), et fait partie du groupe de médias Gannett (Virginia, USA). Les recettes du groupe, qui édite entre autres le célèbre quotidien "USA Today", ont été en 2005 de 7.6 milliards de dollars, selon ses propres indications.[1]

Expérience

Sous le titre "Redrawing the Middle East Map" ("dessiner une nouvelle carte du moyen orient"), le "Armed Forces Journal" présente à ses lecteurs deux représentations, qui montrent pour le même fond de carte, qui présente d'un côté la situation actuelle ("before"), et d'un autre côté l'image à venir du nouveau proche et moyen orient ("After"). Comme on apprend dans un article accompagnant ces cartes, le monde musulman se trouverait, pour une part par sa propre faute, et pour une autre part du fait de l'héritage colonial dans un tel état de violences et de haines, que seule une action de décalage radical des frontières serait à même de résoudre. Les modifications territoriales doivent suivre des lignes de partages ethniques (du fait du sang et de l'héritage) et religieuses, suivant l'auteur Ralph Peters, un militaire américain pensionné.[2] Peters ne cache pas, qu'il a une expérience d'agent de renseignement.[3] Selon les informations de la rédaction, Peters a été pour la dernière fois en Irak au printemps 2006.

Immérité

Les cartes, publiées sous le nom de Peters, préconisent la destruction de l'Arabie Saoudite actuelle, qui aurait à supporter les plus grandes pertes de territoire. Ceci est justifié par l'état de la monarchie arabe à l'heure actuelle, qui n'a pas seulement enfanté du "régime (parmi) les plus bigots et les plus répressifs" [4] du monde - leur "immense richesse pétrolière" serait totalement "immérité". Pour y instaurer une "justice véritable", selon l'"Armed Forces Journal", les champs pétroliers situés sur la côté sud-ouest de l'Arabie saoudite actuelle devraient être séparés du pays, et donnés au Yémen. Mais il s'agit non seulement de diminuer le contrôle des ressources par le pouvoir saoudien, mais également l'influence religieuse que Riad exerce sur les lieux saints (La Mecque et Médine). C'est pourquoi l'ancienne région d'influence du Prophète Mohammed devrait être administré par un "état saint islamique", qui dispose certes d'un gigantesque territoire, mais qui n'aurait pas d'administration centrale - le gouvernement serait exercé à tour de rôles par plusieurs courants religieux.

Soumis

L'armée américaine offre aux séparatistes kurdes un gain territorial de près de cent pourcent, aux dépens de la Turquie, la Syrie, l'Iran et l'Irak. Ces pays perdraient d'importantes parties de leur territoire au profit de la chimère "Kurdistan libre", dont la création ne saurait être remise à plus tard. "Le Kurdistan libre, de Diyarbakir (turc) jusqu'à Tabriz (iranien) serait l'état le plus soumis à l'occident, entre la Bulgarie et le Japon" peut-on lire au sujet des amputations territoriales prévues sur ces pays membre s de l'ONU dans l'"Armed Forces Journal".

Arracher

Pour arracher le contrôle du golfe persique et des richesses pétrolières s'y trouvant, l'intégralité de la côte du pays reviendrait à un ancien pays faisant jadis partie de l'Irak. De cette façon, les deux anciens ennemis se verraient dépossédés par l'Occident des ressources garantissant leur autonomie, pour les mettre en concurrence l'un avec l'autre. Pendant que l'Irak cesserait d'exister, les provinces centrales resteraient à Téhéran, mais pas les contrées proches des frontières, riches en hydrocarbures. Ceux-ci iraient en partie à l'Afghanistan, et en autre partie à une autre invention fantasmagorique ("Baloutchistan libre").

Nouvelles perspectives

Selon l'opinion de l'historien français Pierre Hillard, l'agression ethniciste des puissances occidentales est favorisée par la politique étrangère allemande. Hillard met en avant la menace continuelle que représentent les organes de terrain allemandes, qui "veulent remodeler le moyen orient" [5], et point e à ce propos les activités de la fondation Bertelsmann. La fondation organise chaque année des forums sur le Moyen-Orient ("discussions de Kronberg"), dans lesquelles il est question d'une "modification complète des institutions politiques, économiques et religieuses" des pays musulmans disposant de ressources naturelles "pour les relier à l'axe euro-atlantique", dit Hillard dans son interview à la rédaction. Comme il est fait état dans les protocoles des "discussions de Kronsberg" de cette année [6], l'"expansion graduelle de la présence européenne dans la région" doit être accompagnée de moyens "persuasifs américains" appropriés. La suggestion combine les activités diplomatiques et subversives ("Droits des minorités") avec des menaces de guerre. Lors de l'un des Forums organisés par la fondation Bertelsmann, il avait été demandé que "les frontières administratives et naturelles perdent rapidement leur importance, pour que de nouvelles perspectives puissent s'ouvrir".[7]

Artificiel

La parcellisation de systèmes nationaux entiers n'est pas inconnue à Bertelsmann. Ainsi, la fondation avait conseillé à la veille de la guerre en Yougoslavie "d'appliquer le critère ethnique" [8] et de mobiliser les groupes ethniques - des minorités définies en fonction de leur sang avec des revendications territoriales. Egalement pour Bertelsmann fut confectionné en 1996 un plan de partage ethnique concernant la Roumanie, la Russie et le nord du Caucase.[9] Similairement à ce qui se passe actuellement dans le "Armed Forces Journal", plusieurs états membres de l'ONU sont menacés de perdre leur territorialité. Pour cela, l'auteur se base sur le tracé prétendument "artificielle" des frontières, et revendique des droits affabulés de communautés de sang.

Fonctionne

L'agression ethniciste remonte à des approches politiques allemandes du temps de Bismarck. Si ses théoriciens postulaient à l'époque que la "fluctuation" continuelle des frontières des états suivaient le déplacement biologique des tribus et des "groupes de peuples", selon le "Armed Forces Journal", les "frontières n'ont jamais été statiques".[10] Du fait de la création de territoires de façon "artificielle", les frontières en viennent "précisément maintenant" à changer leur aspect, écrit l'auteur américain "du Congo au Causase". Sur la nature des moyens à employer, l'auteur est très disert. On pourrait dévoiler "un sale secret provenant de 5000 ans d'Histoire": "la purification ethnique fonctionne".[11]

Les documents cartographiques se trouvent ici.
Lisez aussi Interview mit Dr. Pierre Hillard.

[1] Gannett Co. Company Profile; www.gannett.com/about/company_profile.htm 08.09.2006
[2] Ralph Peters: Blood Borders. How a better Middle East would look; Armed Forces Journal Juni 2006
[3] Real Clear Politics; Author Archive 08.09.2006
[4] Ralph Peters: Blood Borders. How a better Middle East would look; Armed Forces Journal Juni 2006
[5] Lisez aussi Interview mit Dr. Pierre Hillard.
[6] Europa und der Nahe Osten; 10. Kronberger Gespräche, 14.-15.07.2006
[7] Lisez aussi Interview mit Dr. Pierre Hillard.
[8] Walter von Goldendach, Hans-Rüdiger Minow: Von Krieg zu Krieg. Die deutsche Außenpolitik und die ethnische Parzellierung Europas, München 1999, S. 206.
[9] Georg Brunner: Gutachten über Nationalitätenprobleme und Minderheitenkonflikte in Osteuropa, Bertelsmann, Reihe Strategien für Europa, Gütersloh 1996
[10] Ralph Peters: Blood Borders. How a better Middle East would look; Armed Forces Journal Juni 2006
[11] Im englischen Original: "Oh, and one other dirty little secret from 5,000 years of history: Ethnic cleansing works."