BERLIN/VARSOVIE |

BERLIN/VARSOVIE (Compte-rendu) - Par la grâce d'une dés-invitation virtuelle, les pays de l'UE empêchent le président russe de participer à la commémoration du 70e anniversaire de la libération d'Auschwitz. Le plus haut représentant du pays, dont l'armée a mis fin au génocide dans le camp d'extermination allemand le 27 Janvier 1945, est exclue des cérémonies de commémoration. Toutefois, le président de l'Allemagne,lui y participera. Joachim Gauck avait déjà profité de son discours au sujet du 75e anniversaire de l'invasion de la Pologne par l'Allemagne, pour faire monter massivement les sentiments contre Moscou et pour transformer la commémoration des crimes nazis en un appel à resserrer les rangs contre la Russie. Dans ses mémoires, Joachim Gauck décrit les soldats de l'Armée rouge, qui ont libéré l'Allemagne, comme des êtres « à la face d'asiatiques», «empestant la Vodka, » qui « réquisitionnent et volent. » Il y a quelques années, il s'est plaint que « l'apparition du judéocide allemand a été gonflé pour être présenté comme unique, » parce que « certains milieux des sociétés post-religieuses » cherchaient « un certain frisson face à l'indicible. » En 2010, il été pris à déclarer « je me demande combien de temps nous Allemands nous voulons nourrir notre culture de chagrin. » En savoir plus

BELGRADE/PRISTINA/BERLIN | | jugoslawien

BELGRADE/PRISTINA/BERLIN (Compte rendu de la rédaction) - Au lendemain de la signature du traité de l'UE, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent aujourd'hui, vendredi, pour fixer la date à laquelle se produira la séparation du Kosovo d'avec la Serbie. A Bruxelles, on indique que la décision pourrait n'être annoncée qu'en mars, pour ne pas priver entièrement de leurs chances, lors de l'élection présidentielle serbe en janvier prochain, ceux qui, à Belgrade, sont du côté des centres décisionnels du noyau dur européen. L'UE refuse toute négociation supplémentaire destinée à résoudre le conflit pacifiquement et en accord avec le droit international. La sécession du Kosovo est l'aboutissement d'un processus encouragé depuis des décennies par la République fédérale: le démantèlement d'éventuels centres de résistance nationale dans l'Europe de l'Est et du Sud-est, et leur annexion à une UE sous domination allemande. Berlin ne tient compte ni du droit international ni des principes démocratiques, pour cette transformation de l'UE en un outil efficace de la politique étrangère allemande; le traité de l'UE signé hier est de facto identique au projet de traité constitutionnel européen rejeté par référendum. Pendant ce temps, la restructuration de l'Europe du Sud-est se poursuit - avec la création, dans les pays de l'ex-Yougoslavie, d'"eurorégions multiethniques", appelées, sous le contrôle de Berlin et de Bruxelles, à constituer les petits Etats atomisés en un espace fiable au service de l'économie. En savoir plus

BERLIN/PARIS | | frankreich

BERLIN/PARIS (Compte rendu de la rédaction) - Quelques jours avant le sommet Afrique - UE à Lisbonne, Berlin tire à boulets rouges sur la politique africaine de la France. Principale cible des attaques, l'ambition de Paris de conforter la position de la France par la création d'une "Union méditerranéenne" dans les zones d'Afrique du Nord riches en ressources naturelles. Ce qui contrecarre les efforts du gouvernement allemand qui cherche à accroître son influence au même endroit. La chancelière Merkel menace de faire cavalier seul à l'Est si Paris refusait de se lier à la politique méditerranéenne de l'UE (processus de Barcelone) qui permet à l'Allemagne d'exercer son contrôle sur ce qui se passe en Afrique du Nord. Une mise au pas que vise aussi la nouvelle stratégie africaine de Bruxelles, dont on doit discuter le week-end prochain au sommet Afrique - UE. La stratégie commune doit permettre de "réduire" les "prés carrés" nationaux au Sud du Sahara, explique l'auteur d'une étude effectuée par la Société allemande des Affaires étrangères (DGAP). Réussir à affaiblir les relations privilégiées de Paris avec le continent africain offrirait, dans les États détenteurs de ressources naturelles, aux entreprises allemandes en expansion de nouvelles opportunités, et à Berlin de nouvelles zones d'influence. En savoir plus

PARIS/HAMBOURG | | frankreich

PARIS/HAMBOURG (Compte rendu de la rédaction) - Une fois de plus, la fondation hambourgeoise au lourd passé nazi "Alfred Toepfer Stiftung F.V.S." cherche à prendre pied en France, et bénéficie à cet effet du soutien d'institutions gouvernementales de la République fédérale d'Allemagne. La fondation de Hambourg veut se manifester demain, mercredi, par l'organisation d'un vernissage à la Maison Heinrich Heine (Cité Internationale Universitaire de Paris). En France, de vives protestations s'élèvent contre sa tentative de faire oublier par le mécénat culturel le passé peu glorieux de celui dont elle porte le nom. Les critiques rappellent les activités nazies du négociant hambourgeois qui a créé la Fondation, Alfred Toepfer, et les liens étroits qu'il entretenait avec la SS et avec des nazis éminents. Durant la Seconde Guerre mondiale, Toepfer a entre autres travaillé pour les services d'occupation allemands à Paris ("Sabotage et subversion dans les Etats ennemis"). Ses activités anti-françaises ont expressément servi une "réorganisation" ethno-raciale (völkisch) de l'Europe sous hégémonie allemande. Dans la capitale française, des chercheurs qui critiquent Toepfer constatent avec indignation que le vernissage de demain érige en mot d'ordre une notion pour laquelle se battait le créateur de la Fondation: l'"Europe". En savoir plus

BERLIN/URUMQI/MUNICH/PEKIN | | chinausa

BERLIN/URUMQI/MUNICH/PEKIN (Compte rendu de la rédaction) - A Berlin, des politiciens en charge des Affaires étrangères s'entretiennent avec une séparatiste chinoise et augmentent la pression politique sur Pékin. Ainsi que l'a annoncé le "Congrès mondial des Ouïgours", dont le siège est à Munich, sa présidente Rebiya Kadeer sera reçue entre autres au ministère allemand des Affaires étrangères. Les Ouïgours sont une minorité musulmane de la région autonome de Xinjiang (Chine occidentale). Ils ont comme objectif la sécession de leurs territoires ("Turkestan oriental") d'avec la République populaire de Chine. La venue de Rebiya Kadeer dans la capitale allemande a été soigneusement préparée dans les médias, et concorde avec des mesures prises aux Etats-Unis. Peu de temps après la visite du dalaï-lama à la chancellerie, Berlin intensifie donc l'offensive sécessionniste contre Pékin. Les relations des autorités allemandes avec des politiciens ouïgours exilés durent depuis des décennies, y compris dans les milieux des services secrets. En savoir plus

FRANCFORT/BARCELONE | | spanien

FRANCFORT/BARCELONE (Compte rendu de la rédaction) - Des protestations ont accompagné hier, mardi, l'inauguration de la foire du livre de Francfort. La cause de cette agitation est l'"invité d'honneur" de cette année, la "culture catalane". Jusqu'à présent, Francfort rendait toujours hommage à des Etats souverains ou à des groupes d'Etats. Cette fois-ci, c'est la Catalogne qui est au cœur de l'événement, une région autonome d'Espagne avec des intentions sécessionnistes. C'est avant tout le choix des écrivains représentant l'"invité d'honneur" qui a suscité la colère: à Francfort ne sont présents que des auteurs pratiquant l'idiome catalan au lieu de la langue espagnole. Cela correspond à l'objectif du gouvernement sécessionniste, qui est de refouler l'espagnol de la région, comme l'a déclaré à notre rédaction Antonio Robles, député au parlement de Barcelone. La tentative pour faire de la plus grande foire du livre et des médias au monde l'instrument de menées séparatistes se heurte à de vives critiques. Les séparatistes catalans trouvent certes depuis des années un soutien en République fédérale, particulièrement auprès du parti "Bündnis 90/Die Grünen". Mais l'événement en cours revêt une signification particulière, dans la mesure où la foire du livre compte aussi parmi ses "partenaires" officiels le ministère des Affaires étrangères allemand. En savoir plus

ERBIL/TEHERAN/COLOGNE | | irakiran

ERBIL/TEHERAN/COLOGNE (Compte rendu de la rédaction) - Des séparatistes armés d'Iran occidental reçoivent un soutien de l'Allemagne dans leur combat contre le gouvernement iranien. Malgré des protestations répétées de Téhéran, un chef du mouvement sécessionniste kurde continue à recruter en République fédérale - sous le regard des services secrets allemands. On attribue aux séparatistes la mort de plusieurs centaines de soldats iraniens. Un professeur de l'université de la Bundeswehr de Munich plaide pour le soutien aux insurgés: il s'agit d'affaiblir l'Iran, et de le "dissoudre le cas échéant". L'aide allemande aux insurgés kurdes d'Iran vient s'ajouter aux relations que l'Allemagne entretient avec le gouvernement autonome kurde en Irak, et renforce le rôle de Berlin dans le cadre d'une éventuelle réorganisation ethnique de l'ensemble du Moyen Orient. Les milieux militaires américains ont lancé depuis un certain temps des projets qui vont dans ce sens. Le représentant le plus offensif de la sécession kurde est pour le moment le président de la "Région autonome du Kurdistan", Masud Barzani - qui est depuis des années un contact pour des acteurs de la politique étrangère allemande, et qui a déjà rencontré Angela Merkel à plusieurs reprises. En savoir plus

BERLIN/PARIS/MOSCOU | | frankreichrussische-foederation

BERLIN/PARIS/MOSCOU (Compte rendu de la rédaction) - Des responsables français du groupe d'armement EADS mettent en garde contre la reprise en fait de l'entreprise par Berlin. Pour Jean-François Knepper, le co-président du comité d'entreprise EADS, l'Allemagne est en train, "de s'approprier ni plus ni moins que l'industrie aérospatiale et la défense européenne". L'occasion lui en est donnée par la lutte pour le pouvoir autour de la nouvelle structure de direction du groupe, et par la querelle au sujet de l'introduction d'une "action d'or". Le gouvernement fédéral triomphe: ainsi que le déclare le secrétaire d'Etat parlementaire au ministère fédéral de l'Economie Peter Hintze, l'Allemagne a d'ores et déjà "une influence plus grande que jamais sur le groupe". Afin de renforcer encore sa position face à Paris, Berlin pousse à la coopération du groupe avec Moscou. Comme le confirme le président allemand de la filiale d'EADS Airbus, l'entreprise franco-allemande envisage d'entrer dans le holding aéronautique d'Etat russe OAK. La coopération de plus en plus étroite avec la Russie s'étend également au secteur aérospatial, y compris aux applications militaires. En savoir plus

BERLIN/VARSOVIE | | polen

BERLIN/VARSOVIE (Compte rendu de la rédaction) - La présidence allemande du Conseil de l'UE se termine en un désastre pour toute l'Europe, et avec de graves dissensions entre Etats. Afin d'imposer les vues allemandes lors du sommet européen de Bruxelles, Berlin a menacé les négociateurs polonais d'employer des moyens coercitifs. Vendredi soir, les négociateurs allemands ont fait du chantage en annonçant que Varsovie "ne maintiendra pas longtemps" son veto. Il a fallu la médiation de plusieurs chefs de gouvernement d'Etats inféodés à l'Allemagne avant que la partie polonaise ne cède. Son espoir, qu'il y aurait une révolte ouverte contre la prétention du gouvernement fédéral à diriger l'Europe, ne s'est une fois encore pas réalisé. Sûre de la victoire, la presse de Berlin écrit qu'on a "joué au poker" avec la Pologne, que c'était risqué, mais que cela avait en fin de compte été payant, et elle souligne qu'en se montrant "dure", l'Allemagne a "remis au pas" l'"indocile" Pologne. Par sa façon de faire provocante, la présidence allemande laisse des plaies quasiment inguérissables, et démontre aux yeux de tous que l'UE est une union forcée. Les Etats européens petits et moyens sont sous la coupe de quelques grands, avec Berlin en tête. En savoir plus