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Actualités brèves
Panzer für die Diktatur
18.04.2013
Die Diktatur Qatar erhält Dutzende Kampfpanzer und Haubitzen aus Deutschland.

Am Pazifik (II)
06.03.2013
Deutschland baut die Kooperation mit Indonesien weiter aus.

Fact Finding
14.02.2013
Am gestrigen Mittwoch ist ein Voraus- Kommando der Bundeswehr in Mali eingetroffen.

Am Pazifik
12.02.2013
Berlin strebt ein Abkommen über Freihandel mit Indonesien an.

Waffen für Diktatoren
11.02.2013
Saudi-Arabien erhält Kriegsschiffe im Wert von 1,5 Milliarden Euro aus Deutschland.

Mehr Kriege als bisher
18.12.2012
Der deutsche Verteidigungs- minister rechnet künftig mit mehr Einsätzen der Bundeswehr als bisher.

Folter doch strafbar
13.12.2012
Erstmals hat ein Gericht einen europäischen Staat zur Zahlung von Entschädigung wegen der - von Berlin nicht verhinderten - Auslieferung eines Mannes in US-Folterhaft verurteilt.

Vom Krieg in Europa
10.12.2012
Anlässlich der Verleihung des Friedens- Nobelpreises an die EU erklären deutsche Politiker, Krieg in Europa sei auch in Zukunft möglich.

Einfluss in Ostafrika
29.11.2012
Berlin baut seinen Einfluss in Ostafrika weiter aus.

Dialog mit Pakistan
22.11.2012
Berlin intensiviert seine militärische Kooperation mit Pakistan.

Valeurs européennes
06/11/2007
PARIS/HAMBOURG
(Compte rendu de la rédaction) - Une fois de plus, la fondation hambourgeoise au lourd passé nazi "Alfred Toepfer Stiftung F.V.S." cherche à prendre pied en France, et bénéficie à cet effet du soutien d'institutions gouvernementales de la République fédérale d'Allemagne. La fondation de Hambourg veut se manifester demain, mercredi, par l'organisation d'un vernissage à la Maison Heinrich Heine (Cité Internationale Universitaire de Paris). En France, de vives protestations s'élèvent contre sa tentative de faire oublier par le mécénat culturel le passé peu glorieux de celui dont elle porte le nom. Les critiques rappellent les activités nazies du négociant hambourgeois qui a créé la Fondation, Alfred Toepfer, et les liens étroits qu'il entretenait avec la SS et avec des nazis éminents. Durant la Seconde Guerre mondiale, Toepfer a entre autres travaillé pour les services d'occupation allemands à Paris ("Sabotage et subversion dans les Etats ennemis"). Ses activités anti-françaises ont expressément servi une "réorganisation" ethno-raciale (völkisch) de l'Europe sous hégémonie allemande. Dans la capitale française, des chercheurs qui critiquent Toepfer constatent avec indignation que le vernissage de demain érige en mot d'ordre une notion pour laquelle se battait le créateur de la Fondation: l'"Europe".
Les activités nazies d'Alfred Toepfer, qui sont au centre de ces protestations, sont assez bien connues depuis des années (german-foreign-policy.com en a rendu compte de façon détaillée [1]). Toepfer entretenait des relations avec des nazis éminents, et avait comme raison sociale d'être un "membre bienfaiteur de la SS" (Förderer der SS). Lors de la Deuxième Guerre mondiale, dans Paris occupé, il a été promu "officier des services de Renseignement allemands" (Abwehr); il a d'abord été responsable du service "Sabotage et subversion", puis fut chargé de l'"approvisionnement secret en marchandises" du Reich allemand - une périphrase pour désigner le pillage délibéré de la zone d'occupation. Ses firmes ont pu poursuivre leur activité et ont continué à l'enrichir durant la Seconde Guerre mondiale. L'une des firmes de Toepfer a fourni à l'administration du ghetto de Lodz ("Litzmannstadt") de la chaux vive destinée à recouvrir les cadavres. Après la guerre, les entreprises de Toepfer ont employé plusieurs criminels de guerre nazis, dont Edmund Veesenmeyer, un collaborateur d'Adolf Eichmann dans la déportation en masse d'environ 400 000 Hongrois d'origine juive vers les camps d'extermination allemands, ainsi que Hans-Joachim Riecke, coresponsable de la mort de plusieurs centaines de milliers de prisonniers de guerre soviétiques. Jusqu'au début des années 1970, Toepfer a financé un néo-nazi allemand notoire, Thies Christophersen , auteur par la suite du pamphlet négationniste "Le Mensonge d'Auschwitz".
Certificat de blanchiment (Persilschein)
La "Alfred Toepfer Stiftung F.V.S." [2], qui a pu fêter au début de cette année son 75ème anniversaire, et qui est considérée comme la fondation privée la plus importante en Allemagne, est exposée depuis le milieu des années 1990 à de sévères critiques - principalement en France - en raison des activités nazies de son fondateur. Dernier exemple en date: il y a deux ans, le metteur en scène français Ariane Mnouchkine a refusé de recevoir un "Prix Goethe", d'un montant élevé, décerné par l'organisation allemande. Depuis quelques années, la Fondation s'efforce de neutraliser ceux qui la critiquent; à la fin des années 1990, elle a créé dans ce but une commission d'historiens chargés de faire des recherches sur la biographie de Toepfer. Malgré les activités nazies évidentes et incontestées du négociant hambourgeois, les experts payés par la Fondation sont arrivés à la conclusion que "c'est en tout cas une erreur d'établir un lien direct ou indirect entre lui et des actions criminelles du régime nazi".[3] L'historien Michael Fahlbusch a écrit que la commission a ainsi "fourni à la Fondation un certificat de blanchiment qui ne convainc guère".[4]
Europe
L'argumentation de la Fondation a pour point central l'orientation "européenne" d'Alfred Toepfer. Hans Mommsen, qui a dirigé la commission des historiens, explique ainsi que dès avant 1945, Toepfer s'était "déclaré partisan d'une solution européenne", et qu'il aurait ainsi pris clairement ses distances par rapport à "la ligne générale du national-socialisme".[5] En réalité, une des lignes générales de la propagande nazie à l'échelle du continent a été de présenter l'hégémonie allemande sous un masque "européen". L'"Europe" est aujourd'hui encore au centre des activités de la Fondation. Comme il est inscrit dans ses statuts, elle s'engage à "faire avancer l'unification européenne dans la préservation de la diversité culturelle".[6]
Communautés ethno-raciales (Volksgruppen)
L'"Europe", structurée en fonction de la "diversité ethno-raciale", peut effectivement être considérée comme un élément important de la Weltanschauung de Toepfer. En 1938, lors de la remise du "prix Mozart" de sa fondation, le négociant a déclaré que "L'Europe est et reste pour nous notre berceau, le berceau de la race blanche".[7] Deux années plus tard, en mai 1940, il a consacré à l'organisation intérieure de l'"Europe" un écrit ayant pour titre "Vues sur l'Occident" ("Westschau").[8] Pour Toepfer, un "espace économique européen" devait permettre la pénétration économique de l'ensemble du continent. Il a également élaboré des plans pour assurer l'hégémonie politique absolue du Reich allemand. Dans tous les Etats européens, des "communautés ethno-raciales" (Volksgruppen) devaient pouvoir "se développer en toute liberté" - en France, par exemple, dont le territoire se retrouvait de ce fait morcelé en un grand nombre de régions "ethniques". Les "communautés ethniques allemandes" qu'il s'agissait de libérer à l'est de la Belgique et en France (Alsace, Lorraine), jouissaient d'une attention particulière.
Bases militaires
Après l'offensive contre la Belgique et la France, Toepfer a pris part à la transposition pratique de ce qu'il entendait par "Europe" - en utilisant les "communautés ethno-raciales" préalablement libérées dans la théorie. L'historien Karl-Heinz Roth écrit qu'"en Alsace-Lorraine, Toepfer a constitué des réseaux d'agents pour les service du Renseignement de la Wehrmacht": "En Belgique, et dans les provinces de l'ouest de la France, il a participé jusqu'à l'été 1942 au recrutement et à l'organisation de mouvements autonomistes, pour (...) protéger 'par une politique ethno-raciale', à l'aide de collaborateurs flamands, bretons, 'celtes' et basques, les bases stratégiques de la Wehrmacht sur les côtes de la Manche".[9] Il s'agissait en l'occurrence de "consolider les résultats du Blitzkrieg contre l'Europe occidentale, d'encercler la France, l''ennemi mortel', 'au moyen d'une politique ethno-raciale', et d'abandonner à son destin ce qui en restait au centre, en accord avec le chef de l'administration militaire Walter Best, dans le cadre d'une 'gestion des tâches' collaborationniste": l'Europe, "réorganisée" sous commandement allemand.
Autodafés
Que les "valeurs européennes" servent de mot d'ordre pour le vernissage de demain suscite en conséquence de l'indignation chez les chercheurs qui critiquent la Fondation Toepfer. A cela s'ajoute le fait que le lieu de la manifestation est la Maison Heinrich Heine à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Celui dont elle porte le nom a quitté l'Allemagne en 1831, et a vécu en exil dans la capitale française. Pendant qu'Alfred Toepfer travaillait à la "réorganisation de l'Europe", comme l'en avait chargé l'occupant allemand à Paris, et que sa fondation décernait à tour de bras des "Prix Mozart" et des "Prix Eichendorff" [10], les œuvres de Heinrich Heine étaient mises au ban en Allemagne. Les statues de Heine ont été déboulonnées, ses livres ont été brûlés en mai 1933.
Nous vous prions de lire aussi des extraits d'un dossier français sur la Fondation Toepfer.
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