Barzani a d'ores et déjà annoncé une sécession des territoires qu'il contrôle au nord de l'Irak ("Kurdistan irakien"), et il veut étendre la zone sécessionniste aux trois régions, riches en pétrole, de Kirkouk, Nineveh et Diyala, où des référendums doivent avoir lieu encore cette année sur leur rattachement à la "Région autonome du Kurdistan". A Kirkouk, ces projets de sécession suscitent de graves tensions, qui ont déjà provoqué des explosions de violences ethniques et des attentats terroristes. Masud Barzani annonce qu'il y aura une guerre civile si le référendum ne fait pas passer Kirkouk sous son contrôle.
Erbil
Barzani, le président du Parti démocratique du Kurdistan (KDP), dont le clan contrôle le nord du territoire sécessionniste, et qui s'est aussi rendu maître entre-temps, comme président du gouvernement autonome kurde, des autres régions du "Kurdistan irakien", entretient depuis des décennies des relations étroites avec le République fédérale. Dans les années 1980, il était très lié avec Franz-Josef Strauss, le président de la CSU. Dans les années 1990, il a noué des liens avec le gouvernement du land de Rhénanie du Nord - Westphalie, qui finançait une série de projets dits "de développement" dans le nord de l'Irak. A l'époque, il fut aussi question de projets d'infrastructures d'une grande importance militaro-stratégique ("Barzani Road").[1] Les contacts établis alors se perpétuent efficacement en la personne du député au Landtag Siegfried Martsch (Bündnis 90/Die Grünen), qui a été accueilli au sein du clan Barzani et qui peut se prévaloir aujourd'hui du nom de "Siggi Barzani". Martsch dirige la filiale allemande de l'Agence d'investissements officielle du nord de l'Irak ("Kurdistan Development Corporation"), et il a déjà procuré à des entreprises allemandes des contrats de plusieurs millions en matière d'infrastructures. Martsch était le représentant de la partie allemande en janvier 2006, lors de l'inauguration d'un "Centre culturel allemand" à Erbil, la capitale du "Kurdistan irakien". Une certaine Susanne Osthoff, employée par le ministère des Affaires étrangères, et probablement informatrice du BND, s'est occupée de la création de ce centre culturel jusqu'à son enlèvement peu de semaines auparavant.[2]
Les montagnes de Kandil
Dans la zone d'influence de Barzani se trouvent les montagnes de Kandil, au carrefour de l'Irak, de l'Iran et de la Turquie. C'est de là que la milice séparatiste PKK lance régulièrement des
attaques contre le territoire turc. C'est également dans les montagnes de Kandil que se trouve la principale base du PEJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan), proche du PKK, qui lutte à l'ouest de l'Iran contre l'armée iranienne. L'organisation opérant à partir de la zone d'influence de celui qui sert de contact à l'Allemagne, Barzani, fait la guerre pour un "Kurdistan" ethniquement homogène. On estime que ses opérations militaires ont déjà coûté la vie à plus de 300 soldats iraniens. Comme nous l'a appris le magazine télévisé "Monitor", le chef du PEJAK, Abdul Rahman Haji Ahmadi, a établi son siège à Cologne (Rhénanie du Nord - Westphalie), où il recrute des insurgés pour la guerre de sécession contre l'Iran.[3] D'après ce reportage, Haji Ahmadi parvient régulièrement à faire le voyage Allemagne-Iran afin de rejoindre sa milice, sans en être empêché par les autorités allemandes - bien que le gouvernement iranien s'en soit plaint à plusieurs reprises. Le service allemand d'espionnage à l'étranger (BND) entretiendrait des relations douteuses avec le PEJAK.[4] (La carte montre les montagnes de Kandil au nord de l'Irak; vous en trouverez un agrandissement en cliquant ici.)
attaques contre le territoire turc. C'est également dans les montagnes de Kandil que se trouve la principale base du PEJAK (Parti pour une vie libre au Kurdistan), proche du PKK, qui lutte à l'ouest de l'Iran contre l'armée iranienne. L'organisation opérant à partir de la zone d'influence de celui qui sert de contact à l'Allemagne, Barzani, fait la guerre pour un "Kurdistan" ethniquement homogène. On estime que ses opérations militaires ont déjà coûté la vie à plus de 300 soldats iraniens. Comme nous l'a appris le magazine télévisé "Monitor", le chef du PEJAK, Abdul Rahman Haji Ahmadi, a établi son siège à Cologne (Rhénanie du Nord - Westphalie), où il recrute des insurgés pour la guerre de sécession contre l'Iran.[3] D'après ce reportage, Haji Ahmadi parvient régulièrement à faire le voyage Allemagne-Iran afin de rejoindre sa milice, sans en être empêché par les autorités allemandes - bien que le gouvernement iranien s'en soit plaint à plusieurs reprises. Le service allemand d'espionnage à l'étranger (BND) entretiendrait des relations douteuses avec le PEJAK.[4] (La carte montre les montagnes de Kandil au nord de l'Irak; vous en trouverez un agrandissement en cliquant ici.)Kurdistan
D'après certaines informations, le PEJAK n'est pas soutenu seulement depuis l'Allemagne, mais il bénéficie aussi du soutien des Etats-Unis.[5] Le "Kurdistan" ethniquement homogène auquel il aspire correspond tout autant à la politique ethnique allemande qu'aux réflexions stratégiques de Washington. Des officiers américains envisagent une réorganisation du Moyen Orient selon le modèle ethnique. En juin 2006, le militaire à la retraite Ralph Peters a publié dans "Armed Forces Journal", une revue de l'armée américaine, une carte qui redessine suivant des critères ethniques presque toutes les frontières du monde arabo-musulman (voir german-foreign-policy.com [6]). Parmi les pays concernés se trouve entre autres l'Iran, qui refuse de se soumettre inconditionnellement à la politique d'hégémonie occidentale dans le Golfe Persique. Téhéran, affaibli par des sanctions économiques, et menacé par une intervention militaire américaine [7], se voit confronté au nord du pays à une milice sécessionniste qui se renforce.
Sous le couvert des services secrets
Déjà au printemps, un professeur de l'université de la Bundeswehr de Munich a expliqué la logique d'hégémonie du soutien germano-américain au PEJAK. D'après Michael Wolffsohn, l'Iran est un Etat "pluriethnique", dont la population est composée à 49% de "communautés ethniques" non favorables à Téhéran. Wolffsohn affirme que "l'Iran est menacé de l'intérieur", et donne comme exemple le séparatisme kurde: "La partie kurde de l'Iran veut, le plus vite possible, l'union avec le Kurdistan irakien, et aussi avec les Kurdes de Turquie et de Syrie".[8] Pour le professeur de la Bundeswehr, des mouvements sécessionnistes ethniques sont le "levier de déstabilisation" adéquat face au régime, peu apprécié, de Téhéran. "L'instabilité intérieure pourrait - et devrait être, sous le couvert des services secrets naturellement - le levier de la politique occidentale en Iran, sous-jacent à son intervention militaire."




