Soldats allemands
Le ministre de la défense, le ministre des affaires étrangères ainsi que le ministre chargé du développement se sont prononcés pour une extension de la mission de la Bundeswehr au Darfour. Une option possible serait un nouveau vote sur l'envoi de troupes ainsi qu'une extension du mandat existant depuis deux ans, qui a été prolongé au parlement vendredi dernier. Il prévoit l'envoi de 200 soldats allemands en relation avec les troupes de l'Union Africaine stationnées au Darfour. Pendant un certain temps on a discuté d'une troisième option, qui aurait été l'extension de la mission de l'ONU qui assure l'accord de paix dans les régions autonomes du Sud-Soudan, où la Bundeswehr est également présente avec environ 40 soldats.
Rouge-vert
Ce sont surtout des experts de politique étrangère de l'ancien parti au gouvernement, les Verts, qui demandent une plus grande intervention de la Bundeswehr au Darfour. Déjà au milieu des années 1990, le ministère des affaires étrangères s'était rallié au front anti-Khartoum, dirigé par les Etats-Unis. Le but était de renverser le gouvernement du Rwanda, qui était arrivé au pouvoir en 1994. Ces favoris de Berlin sont maintenant aussi actifs au Darfour. L'expert de l'Afrique, Helmut Strizek, a dit lors d'un entretien avec cette rédaction que le ministère des affaires étrangères de Berlin avait déjà perfectionné la coopération avec la politique américaine en Afrique de l'est après l'entrée en fonction de Joseph Fischer (Verts).
Gains de positions
Avec succès: Berlin a acquis des gains de positions importants auprès de nombreux partenaires de Washington. Au Rwanda, des parts de marché d'entreprises françaises sont passées aux mains des Allemands [1], en Ethiopie des agences de développement allemandes ont obtenu de l'influence sur les autorités de l'état.[2] La position allemande face au gouvernement autonome du Sud-Soudan a pris du poids, des firmes allemandes ont depuis des chances réelles dans leur lutte pour la mainmise sur les abondantes ressources du Sud-Soudan.[3] En contrepartie, la coalition rouge-verte dirigée par Schröder a donné aux Etats-Unis "le petit manteau de gauche pour une politique qui n'était pas défendable du point de vue des droits de l'homme", explique Helmut Strizek.[4]
Sélectif
En effet les Verts, ainsi qu' avant eux l'administration Clinton aux Etats-Unis, ont pu gagner les organisations de défense des droits de l'homme plutôt de gauche dans leur lutte contre le gouvernement soudanais. Cela était possible grâce à une perception sélective des atrocités commises lors de la guerre civile soudanaise, qui dans le parti du ministre des affaires étrangères Fischer a renforcé chaque fois la position des rebelles face à Khartoum. Dans le paysage médiatique, par exemple le "taz proche des Verts a défendu la même position" [5], selon Strizek, qui décrit ainsi le rôle de l'ancienne presse alternative dans la formation de l'opinion publique en faveur de la politique étrangère de l'état.[6] C'est pour cela qu'il "n'y a jamais eu une véritable discussion" en Allemagne, par exemple sur la question "s'il est raisonnable d'acclamer un ancien marxiste et rebelle de la pire sorte comme John Garang du Sud-Soudan et de le présenter comme un grand ami des droits de l'homme".[7]
Dialogue
Tandis que Berlin augmente la pression sur Khartoum [8], des prises de distance dans la politique de l'Afrique de l'est et du front anti-Khartoum de Washington peuvent être observées dans la capitale allemande. Des hommes politiques influents des partis au gouvernement et du FDP (parti libéral, opposition) se sont déjà prononcés contre une extension de la mission de la Bundeswehr au Soudan. Il faudrait voir la situation au pays de l'Afrique de l'est "de manière un peu plus différenciée", dit l'expert de la politique de défense Elke Hoff après de longues conversations avec des officiels dans la capitale soudanaise.[9] Il s'agit "d'arriver à une base raisonnable avec le gouvernement de Khartoum." "Surtout maintenant" il y a une chance de "dialogue".[10]
Coopération
Pour ceci le gouvernement doit aussi "engager" Beijing, demande le porte-parole en matière de politique de développement du groupe parlementaire CDU-CSU, Christian Ruck.[11] La République populaire de Chine a une certaine influence auprès du gouvernement soudanais, avec lequel elle coopère étroitement en matière économique. "Les Chinois sont très actifs sur place. Ils sont en train d'occuper tous les projets économiques, projets d'infrastructure", rapporte le membre du FDP, Hoff: Celui "qui peut y être utile, a bien sûr son mot à dire politiquement". Madame Hoff considère que c'est une "décision absolument mauvaise" que le ministère du développement ait arrêté tous les projets dans les territoires occupés par le gouvernement central au moment même où Berlin s'intègre dans le front anti-Khartoum de Washington. Il serait également une erreur de soutenir les activités seulement dans les territoires autonomes du Sud-Soudan.[12] L'experte du FDP plaide pour une intensification de la coopération économique avec Khartoum.
