Centres Culturels allemands
Un des partenaires, travaillant avec elle sur les mêmes projets, Rolfeckhard Giermann, a parlé dans diverses interviews données à la presse des activités de Mme Osthoff [1]. Ainsi, selon lui, elle dirigerait depuis plus d'un an et demi la restauration d'un caravansérail datant d'il y a au moins deux siècles, dans la région de Mossoul ("Beit al Türünj"), qu'elle voulait convertir en centre culture. Pour ce faire, elle était en relation avec le ministère des affaires étrangères, qui avait mis a disposition plus de 40 000 Euros pour financer le projet. Par ailleurs, elle travaillait également sur un autre projet d'ouverture d'un "centre culturel allemand au Kurdistan" dans la ville d'Arbil, qui devait ouvrir ses portes en janvier. Ses activités "se sont toujours faites en concertation avec l'ambassade allemande a Bagdad" [2], comme le rapportait Giermann, qui l'avait rencontrée le 20 octobre dernier a Bagdad.
Appareils d'influence
Susanne Osthoff s'était déjà consacrée au développement d'un centre culturel à Bagdad, qui est actuellement financé par le ministère des affaires étrangères.[3] Le centre, pour lequel le gouvernement fédéral a mis plus de 100 000 Euros a disposition, a été inauguré en 2004. Il sert aux organes d'influence culturels de la république fédérale allemande et aux entreprises allemandes ayant des activités dans la région de quartier général. Dans ses murs se trouvent, selon les indications du ministère, un "point de dialogue" du Goethe-Institut, ainsi que l'antenne irakienne d'une agence allemande de conseil aux entreprises.[4] Avant son intervention à Bagdad, Mme Osthoff avait collaborée avec l'Institut Archéologique Allemand (Deutsches Archäologisches Institut, DAI), qui appartient au domaine de compétence du ministère des affaires étrangères. Le DAI est connu pour ses travaux a l'étranger, qui ont pu entre autres couvrir des activités d'agents secrets, comme avant et pendant la seconde guerre mondiale. Le but avait alors été d'avancer dans les zones arabes pétrolifères, et de contester aux concurrents occidentaux l'exploitation de celles-ci - entre autres dans la région de Mossoul et d'Arbil.
Kurdistan irakien
Les activités de Mme Osthoff financées par le ministère des affaires étrangères concernent les mêmes régions. Le "Kurdistan irakien" avait été un des points-clefs de la conférence économique germano-irakienne, qui s'était tenue en été dernier à Munich.[6]. Le président de la région du "Kurdistan irakien", Massoud Barzani, avait alors rencontré la candidate désignée a la chancellerie d'alors, Angela Merkel. Barzani est par ailleurs réputé pour avoir de bons contacts au sien de cercles de réflexion du parti écologiste allemand Bündniss 90/Die Grünen, ainsi qu'au sein du gouvernement de l'état de Bavière [7]; la chambre de commerce et d'industrie de Munich s'efforce quant a elle de promouvoir depuis un certain temps déjà l'intensification des liens économiques entre l'Allemagne et le nord de l'Irak.[8]
Capitale
Dans la ville d'Arbil, capitale du "Kurdistan irakien", gérée depuis 1996 par le parti régional de Barzani, les Etats-Unis sont en train d'établir leur plus importante base irakienne. Elle devrait servir de point de repli pour les troupes US pour le cas ou la situation de guerre continue son escalade dans la violence. Des entreprises allemandes sont impliquées dans les travaux d'extension de la ville [9], te depuis le 20 septembre, le tout nouvel aéroport de la ville est desservi par un vol partant de Francfort sur le Main. Du fait des futures retombées de la manne pétrolière, la zone est réputée prisée par les investisseurs allemands.
Pétrole
Le gouvernement régional d'Arbil cherche à retirer au gouvernement central le contrôle des importants gisements pétroliers de la région. Dans la région proche de la ville de Zakho, la compagnie pétrolière norvégienne DNO a commencé ses travaux de forage- sur la base d'un contra passé exclusivement avec les autorités d'Arbil, et en cela en totale violation avec la constitution qui vient d'entrer en vigueur [10]. L'appartenance régionale de la ville de Kirkouk, dont le sous-sol recèle des réserves pétrolières de plus de 10 milliards de barils, est au cœur de tous les débats: le président régional Barzani menace de "chaos et de combats" le gouvernement central, si la ville n'est pas rattachée en 2007 au "Kurdistan irakien".[11] Barzani a par ailleurs annoncé qu'il proclamerait un état kurde autonome si les signes d'affaissement de la coalition occidentale en Irak venaient a s'intensifier.[12]
Sécession
La sécession des provinces du nord de l'Irak est un des scénarios envisagés par les capitales occidentales, dont Berlin. Ainsi, un contrôle de la zone du moyen orient serait assuré, même si la coalition devait perdre Bagdad. La condition a cela est l'attisement du nationalisme kurde, pour lequel coulent toutes sortes de subsides - dont des subventions culturelles. Pour ses desseins, le ministère des affaires étrangères allemand semble employer des auxiliaires qui semblent de bonne foi, pour lesquels Berlin ne peut garantir aucune sécurité, et qui pourraient y trouver la mort.
