Retour dans la région d’origine
Les écrits stratégiques du ministère de l’intérieur allemand, récemment rendus publics, confirment l’étude de notre rédaction concernant les camps.[1]
Ainsi qu’il est révélé dans ce document des réfugiés provenant d’Afrique – même ceux recueillis en Méditerranée - seraient conduits dans des camps en Afrique du Nord ("installations d’accueil") afin d’y être soumis à un "screening". Le "screening" servant à juger la nécessité de protection des réfugiés, est sans aucune conséquence juridique selon l’Union Européenne, pour elle il ne s’en suit aucune "obligation d’accueil" ; les personnes nécessitant protection seraient plutôt conduits "dans les pays surs (…) de leur région d’origine" , quant aux personnes jugées non nécessiteuses de protection elles seraient elles aussi refoulées dans leur "région d’origine" ou carrément vers leur "pays d’origine".[2] Les états dans lesquels sont installés ces camps, ne doivent pas obligatoirement avoir souscrits à la convention genevoise des réfugiés ; Berlin qualifie d’inutile un engagement formel garantissant les standards des droits de l’homme. Par ce biais le projet propose moins que la plus petite des obligations internationales que Berlin déclare être inutile par rapport à certains états tiers tout en se déclarant, ce faisant, défenseur des "Droits de l’homme".
Emigration pour travailler
Le document stratégique berlinois unit le système des camps nord-africain avec une obligation des états voisins membres de l’Union Européenne visant à des "contrôles douaniers efficaces" et espère ainsi éviter définitivement l’émigration vers les états membres de l’Union européenne. Parallèlement les camps sont formellement déclarés comme étant des réservoirs de main-d’oeuvre. Le document mentionne que "les états membres qui le souhaitent, peuvent offrir aux personnes concernées une émigration légale pour travailler". German-foreign-policy.com avait déjà l’an dernier rendue publique des planifications allant dans ce sens.[3] Le projet des camps permet un contrôle efficace des mouvements migratoires, résultant de pillages et d’actes de guerre de l’Ouest, et garantit l’optimisation de l’apport de main d’œuvre selon les besoins de la conjoncture européenne.
"Programmes régionaux de protection"
Les plans berlinois concernant les camps sont confirmés et précisés à la commission Européenne dans un document stratégique daté du 1er septembre 2005. On peut y lire qu’il est nécessaire "de renforcer les capacités (...) aussi bien aux frontières sud qu’à celles de l’est de l’Union Européenne 'afin que' Les pays concernés puissent mieux manoeuvrer les mouvements de population"[4]. C’est dans ce but que Bruxelles va introduire des soi-disant "programmes régionaux de protection" et contrôler les "manoeuvres des flux migratoires sur place" grâce à leur intégration dans des budgets de l’Union Européenne existants ("AENEAS", "TACIS"). Ainsi que l’annonce la Commission, les "région Afghanistan" ainsi que le nord et l’est de l’Afrique doivent être inclus dans ces "programmes régionaux de protection". Les zones prioritaires cependant, écrit Bruxelles, resteront les états GUS est européen (Ukraine, Moldavie, Béla Russie) ainsi que le Centre Afrique ("Région des grands lacs").
Contribution positive
La Commission propose concrètement de réaliser des projets pilotes pour les "programmes régionaux de protection" en Tanzanie, et de les contrôler par le financement AENEAS de promotion européenne. Dans le cadre d’AENEAS on dépense, entre 2004 et 2008, 250 millions d’Euros pour endiguer le flux de pauvreté vers l’Europe. On apprend maintenant que ces moyens devraient être partiellement utilisés à l’agrandissement du système des camps ("élargissement des capacités"). La Tanzanie, l’un des états les plus pauvres du monde, serait un partenaire possible, car ce pays héberge le plus grand nombre de réfugiés de toute l’Afrique. Sans se préoccuper de la double pauvreté des pays d’accueils africains, la Commission Européenne enseigne aux populations locales la réflexion à propos "d’une contribution positive des émigrés".
Restriction
Bruxelles veut, de plus, réaliser des projets pilotes dans les trois états est européens GUS (Ukraine, Moldavie, Béla Russie). La planification prend en compte le projet bien connu d’élimination, par révolution, du gouvernement de Minsk.[5] "Les dispositions en Béla Russie" dit-on dans le document vont se concentrer sur "l’installation de capacités de protection avec l’aide des 0NG (Organisations non gouvernementales)"; les contacts avec les instances gouvernementales seront restreintes "au strict nécessaire".





