La création, aujourd'hui, d'un
,,Réseau européen contre les déplacements de
populations"reprend les nouveaux projets des associations
d'expulsés; il correspond à une nouvelle stratégie de leur part
pour attaquer les accords de Potsdam. Les organisations
révisionnistes veulent ouvrir à Berlin un
,,Centre contre les déplacements de population", qui
rappellera les injustices commises par les Alliés. Lors de la
Conférence de Potsdam, les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale
avaient décidé d'installer la frontière allemande sur l'Oder et de
forcer les ressortissants du Reich vivant à l'Est de cette ligne de
quitter leurs territoires. Il s'est agi d'une
,,expulsion"disent certains de leurs descendants. Le
,,Centre"qu'ils réclament aurait pour tâche de
,,condamner le déplacement de population comme méthode
politique".
1)
,,Expulsion, migration forcée, solidarité"
Le gouvernement allemand avait d'abord soutenu le projet de
centre, puis, devant les réactions hostiles de Paris, Londres et
Washington, il a plaidé pour une
,,européanisation"du projet. Afin de contourner les
protestations politiques, en particulier celles venant des voisins
du centre et de l'Est de l'Europe, Markus Meckel, député SPD
spécialisé dans les questions internationales, avait exigé, en mai
2002, que
,,le projet soit élaboré en commun avec les autres Européens au
lieu de mettre ces dernier devant le fait accompli au moment de
solliciter leur accord".
2)Et le SPD comme les Verts insistaient sur la nécessité
de parler d'un
,,centre européen contre les déplacements de populations".
La succession des noms proposés (
,,Réseau européen contre les déplacements de populations",
,,Réseau européen mémoire et solidarité",
,,Centre européen du souvenir des victimes de l'émigration
forcée") témoignent des tentatives de désamorcer par les mots
la réalité qui est celle d'un accord profond, sur ce sujet, entre
le projet du gouvernement et celui des associations d'expulsés.
,,Injustice"
Le
,,réseau"proposé par le gouvernement s'appuie comme le
,,centre"proposé par la
,,Fédération des expulsés"(Bund der Vertriebenen, BdV) sur
l'idée que le déplacement des populations allemandes fut une
,,injustice"à motivation ethnique couverte par les Accords
de Potsdam.
,,Certes, ce sont des dictateurs comme Hitler, Staline et,
récemment, Milosevic qui ont ordonné de tels déplacements de
populations"explique Markus Meckel dans un discours prononcé en
novembre 2004 devant une commission du Conseil de l'Europe.
,,Mais, ajoute-t-il, des démocrates comme Churchill et Roosevelt
ont accepté l'homogénéisation ethnique comme un moyen de
stabilisation politique".
3)Meckel en rajoute dans la provocation en ajoutant que
tout le monde serait aujourd'hui d'accord pour qualifier d'atteinte
au droit la transplantation des populations allemandes:
,,La communauté internationale condamne aujourd'hui",
explique-t-il, le comportement des vainqueurs de la guerre dont il
ne semble pas penser qu'ils aient agi différemment de la dictature
raciste du national-socialisme. Il s'agit d'un affront diplomatique
caractérisé et caractéristique de la tentative allemande de réviser
complètement l'histoire.
Versailles
Cinq pays (Allemagne, Autriche, Hongrie, Pologne, Slovaquie)
participeront au
,,réseau européen contre les déplacements de
populations"dont le gouvernement allemand a insisté pour qu'il
soit installé à Varsovie. Trois de ces pays étaient du côté des
agresseurs lors du déclenchement de la Première guerre mondiale;
ils durent, à l'occasion des traités de paix de 1919, accepter des
pertes de territoires; dans les années 1920 et 1930, ils
développèrent une politique étrangère révisionniste et ils
pratiquèrent une politique d'annexion pour le recouvrement des
territoires perdus pendant la Seconde Guerre mondiale. L'annulation
de ces annexions et les déplacements de populations qu'elle
entraîna en 1945, est à présent qualifiée
,,d'atteinte au droit"par ces trois Etats. Le gouvernement
tchèque a refusé de s'associer au projet, malgré l'insistance de
Berlin. A l'inverse, Berlin refuse d'ouvrir le
,,réseau"aux puissances qui garantissaient les accords de
Potsdam.
4)
La boîte de Pandore
En France, on assiste à l'expression de désaccords concernant
le projet allemand. La tentative de Berlin de développer un plan de
rechange au Centre contre les déplacements de populations en se
servant des institutions européennes a échoué du fait du vote
négatif de la délégation française à l'Assemblée du Conseil de
l'Europe. La presse nationale française parle de la mise à mal par
les députés du pays d'un
,,projet de réconciliation germano-polonais". En
particulier, Le Monde, qui jouait jusqu'à récemment un rôle de
faiseur d'opinion, attribue la coloration révisionniste du texte
rejeté à des
,,malentendus de traduction".
5)
Le Mondeappartient au camp germanophile des élites
françaises, qui ne s'opposeront jamais au révisionnisme de Berlin à
l'Est de l'Europe tant qu'elles seront admises à participer aux
projets hégémoniques allemands (
,,le noyau dur"européen). En revanche, en Alsace, territoire
qui fut à plusieurs reprises la cible de l'annexionnisme allemand,
on est beaucoup plus méfiant. Les Dernières Nouvelles d'Alsace
justifient, au contraire du monde, le vote de la délégation
française à l'Assemblée de Strasbourg. Le journal, qui se situe
dans la droite modérée, parle d'une
,,boîte de Pandore", depuis longtemps ouverte par les
Allemands.
6)
1) Unsere Stiftung; www.z-g-v.de
2) Rede des Bundestagsabgeordneten Markus Meckel am 16. Mai 2002 im Deutschen Bundestag
3) Geschichte gemeinsam aufarbeiten. Ein Europaeisches Netzwerk gegen Vertreibungen und Zwangsmigrationen; Beitrag fuer das Seminar des Ausschusses fuer Migration der Parlamentarischen Versammlung des Europarates am 4. November 2004 in Genf
4) voir aussi Modification de l'histoire
5) La France a fait échouer un projet de réconciliation germano-polonaise au Conseil de l'Europe; Le monde 29.01.2005
6) Les plaies de l'Histoire; Dernières Nouvelles d'Alsace 28.01.2005
voir aussi Déja vu
1) Unsere Stiftung; www.z-g-v.de
2) Rede des Bundestagsabgeordneten Markus Meckel am 16. Mai 2002 im Deutschen Bundestag
3) Geschichte gemeinsam aufarbeiten. Ein Europaeisches Netzwerk gegen Vertreibungen und Zwangsmigrationen; Beitrag fuer das Seminar des Ausschusses fuer Migration der Parlamentarischen Versammlung des Europarates am 4. November 2004 in Genf
4) voir aussi Modification de l'histoire
5) La France a fait échouer un projet de réconciliation germano-polonaise au Conseil de l'Europe; Le monde 29.01.2005
6) Les plaies de l'Histoire; Dernières Nouvelles d'Alsace 28.01.2005
voir aussi Déja vu





