Si les mérites de M. Lothar Spaeth en faveur du rapprochement
franco-allemand et de la construction européenne sont
indiscutables, il n'en va pas de même pour la fondation Goethe de
Bâle. Celle-ci fait partie, avec la fondation Alfred C.
Toepfer-Stiftung FvS de Hambourg, d'un groupe de fondations créées
par le mécène hambourgeois (disparu en 1993).
Alfred Toepfer et ses fondations ont un lourd passé nazi, notamment en ce qui concerne la germanisation de l'Alsace, de 1940 à 1945, l'occupation de la France et de la Pologne. Voici quelques éléments de la biographie d'Alfred Toepfer, de ses firmes et de ses fondations.
Alfred Toepfer et ses fondations ont un lourd passé nazi, notamment en ce qui concerne la germanisation de l'Alsace, de 1940 à 1945, l'occupation de la France et de la Pologne. Voici quelques éléments de la biographie d'Alfred Toepfer, de ses firmes et de ses fondations.
Le passé
- A partir de 1935/36 Toepfer était
,,membre bienfaiteur de la SS"(
,,Förderer der SS")
- De 1940 à 1942, à Paris, Alfred Toepfer était en relation étroite avec le ,,SS-Brigadeführer"et criminel de guerre nazi Werner Best, qui persécuta impitoyablement résistants et Juifs. Avec l'aide de Best, Toepfer travailla en vue du soulèvement des ,,minorités ethniques"de France et plus particulièrement des Bretons, Flamands, Basques, Alsaciens, Lorrains.
- De 1942 à 1944, Alfred Toepfer participa activement au pillage économique de la France par le biais de son ,,bureau d'achats": ,,Büro Hauptmann Toepfer".
- En Espagne, à partir du milieu de l'année 1942, à la tête d'une société semi clandestine créée à cet effet (Organizacion Toepfer) Alfred Toepfer reçut de l'or volé aux Juifs par les nazis afin de financer les activités du Bureau de l'Abwehr (service de renseignement de la Wehrmacht) de Madrid. Pour la seule période d'avril à mai 1942, Alfred Toepfer remit 130 kilos d'or en sacs de 10 kilos à l' ,,Abwehrstelle"de Madrid.
- En Pologne, une filiale de la firme d'Alfred Toepfer - qui réalisait des affaires fructueuses dans ce pays grâce au régime nazi - livra de la chaux vive à l'administration allemande du ghetto de Lodz pour ,,recouvrir les cadavres dans les fosses communes".
- De 1940 à 1942, à Paris, Alfred Toepfer était en relation étroite avec le ,,SS-Brigadeführer"et criminel de guerre nazi Werner Best, qui persécuta impitoyablement résistants et Juifs. Avec l'aide de Best, Toepfer travailla en vue du soulèvement des ,,minorités ethniques"de France et plus particulièrement des Bretons, Flamands, Basques, Alsaciens, Lorrains.
- De 1942 à 1944, Alfred Toepfer participa activement au pillage économique de la France par le biais de son ,,bureau d'achats": ,,Büro Hauptmann Toepfer".
- En Espagne, à partir du milieu de l'année 1942, à la tête d'une société semi clandestine créée à cet effet (Organizacion Toepfer) Alfred Toepfer reçut de l'or volé aux Juifs par les nazis afin de financer les activités du Bureau de l'Abwehr (service de renseignement de la Wehrmacht) de Madrid. Pour la seule période d'avril à mai 1942, Alfred Toepfer remit 130 kilos d'or en sacs de 10 kilos à l' ,,Abwehrstelle"de Madrid.
- En Pologne, une filiale de la firme d'Alfred Toepfer - qui réalisait des affaires fructueuses dans ce pays grâce au régime nazi - livra de la chaux vive à l'administration allemande du ghetto de Lodz pour ,,recouvrir les cadavres dans les fosses communes".
Les continuités
Après 1945, Alfred Toepfer prit à son service dans ses firmes
et ses fondations des criminels de guerre nazis. Parmi eux,
Hans-Joachim Riecke - qui occupa de hautes fonctions dans la firme
,,Alfred C. Toepfer"de 1951 à 1970 ainsi que dans la
fondation FvS de 1963 à 1986. Riecke était le
,,chef de la politique agricole et du ravitaillement"dans
les territoires soviétiques occupés. Il a été, à ce titre, un des
principaux responsables de la mort de millions de personnes en
Union Soviétique (par la faim) ainsi que de la mort de plusieurs
centaines de milliers de prisonniers de guerre soviétiques. Lors
des obsèques de Riecke, en août 1986, Alfred Toepfer prononça son
éloge funèbre.
De 1951 à 1953, Alfred Toepfer fit appel pour sa firme aux services d'un autre criminel de guerre nazi: Edmund Veesenmeyer. En 1944, Veesenmeyer était ,,ministre plénipotentiaire du Reich à la légation allemande à Budapest". Dans ces fonctions, il était le bras droit de Adolf Eichmann en Hongrie. Veesenmeyer était le principal responsable de la déportation et de la mort dans les camps d?extermination de 400 000 Juifs.
Kurt Haller, ancien camarade d'Alfred Toepfer dans les services de l'Abwehr à Paris pour les ,,affaires bretonnes"de 1940 à 1942, était l'adjoint de Veesenmeyer en Hongrie. C'est lui qui prépara avec le dirigeant fasciste hongrois Szalasi le putsch du mouvement pronazi des Croix fléchées, qui permit la déportation des Juifs hongrois. Haller occupa les fonctions de conseiller juridique de la firme Alfred C. Toepfer, jusqu'à sa mort, en 1961.
Jusque dans les années 1970, Alfred Toepfer soutint financièrement un ancien ,,S.A. Führer"à Auschwitz et agitateur négationniste: Thies Christophersen, auteur de l'ouvrage de référence des négationnistes du monde entier: ,,Le mensonge d'Auschwitz". En outre, Alfred Toepfer mit gracieusement à sa disposition pour des réunions de l' ,,Entraide des paysans allemands"(Notgemeinschaft deutscher Bauern e.V), une organisation néo-nazie de Christophersen.
De 1951 à 1953, Alfred Toepfer fit appel pour sa firme aux services d'un autre criminel de guerre nazi: Edmund Veesenmeyer. En 1944, Veesenmeyer était ,,ministre plénipotentiaire du Reich à la légation allemande à Budapest". Dans ces fonctions, il était le bras droit de Adolf Eichmann en Hongrie. Veesenmeyer était le principal responsable de la déportation et de la mort dans les camps d?extermination de 400 000 Juifs.
Kurt Haller, ancien camarade d'Alfred Toepfer dans les services de l'Abwehr à Paris pour les ,,affaires bretonnes"de 1940 à 1942, était l'adjoint de Veesenmeyer en Hongrie. C'est lui qui prépara avec le dirigeant fasciste hongrois Szalasi le putsch du mouvement pronazi des Croix fléchées, qui permit la déportation des Juifs hongrois. Haller occupa les fonctions de conseiller juridique de la firme Alfred C. Toepfer, jusqu'à sa mort, en 1961.
Jusque dans les années 1970, Alfred Toepfer soutint financièrement un ancien ,,S.A. Führer"à Auschwitz et agitateur négationniste: Thies Christophersen, auteur de l'ouvrage de référence des négationnistes du monde entier: ,,Le mensonge d'Auschwitz". En outre, Alfred Toepfer mit gracieusement à sa disposition pour des réunions de l' ,,Entraide des paysans allemands"(Notgemeinschaft deutscher Bauern e.V), une organisation néo-nazie de Christophersen.
Les réactions
A partir de 1996 diverses actions de protestation contre les
activités des fondations Toepfer en France ont donné les résultats
suivants:
En 1996, le Conseil Municipal, le Rectorat et l'Université de Strasbourg se sont retirés du ,,Prix Strasbourg"décerné par la fondation Toepfer. En conséquence la fondation a été obligée de supprimer ce prix. Par la suite, divers autres prix durent également être supprimés par la fondation Toepfer:
- des prix ,,ethniques"(le ,,Oberrheinischer Kulturpreis", le ,,Prix Jakob Burckhardt"; le ,,Prix Joost van den Vondel",
- ainsi que des prix ,,politiques": ,,Prix Robert Schuman", ,,Médaille d'Or Robert Schuman", ,,Prix Joseph Bech", ,,Prix Emmanuel Kant", ,,Prix Europe de l'Homme d'Etat"etc.
En octobre 1999, une cérémonie préparée dans le plus grand secret par la fondation Alfred Toepfer-Stiftung FvS - conjointement avec la fondation Robert Schuman, Paris - et qui devait se tenir au Sénat de la République française fut annulée au dernier moment par le Président du Sénat, informé par diverses sources de cette man½uvre destinée à réhabiliter la fondation.
En décembre 2002, l'Institut Historique Allemand à Paris avait programmé une table ronde sur ,,Alfred Toepfer et la France: passé et avenir d'un mécénat". Dans son invitation, son directeur affirmait sans état d'âme:
,,La figure du grand négociant et du grand mécène Toepfer avait fini par être rattrapée par un passé qui a dû inquiéter l'Alsace de culture allemande, mais de nationalité française".
A moins d'un mois du quarantième anniversaire du Traité de l'Elysée qui consacrait la réconciliation et l'amitié franco-allemande, cette revendication était pour le moins surprenante et prenait une tournure dommageable pour les relations franco-allemandes. Devant la vague de protestations d'historiens et amis de l'Institut Historique Allemand à Paris, son directeur annula sine die cette table ronde, sans toutefois s'expliquer ni présenter d'excuses pour ce mauvais coup porté à l'amitié franco-allemande.
La remise du Prix Joseph Rey à un lauréat aussi éminent que M. Lothar Spaeth n'est qu'un stratagème: c'est une nouvelle tentative d'une fondation toepferienne pour reprendre pied en France. Quant au récipiendaire, en acceptant cette distinction, il risque de devenir à terme l'otage de la fondation.
Cette remise du Prix Joseph Rey constitue en définitive un nouveau désaveu des mesures prises à l'encontre de la fondation Toepfer par les autorités françaises et une nouvelle provocation des héritiers d'Alfred Toepfer; ainsi qu'une véritable insulte pour la mémoire de tous les Malgré-Nous tombés sur le front russe; surtout si l'on sait le rôle joué par Alfred Toepfer dans l'incorporation de force des Alsaciens.
Monsieur Lothar Spaeth étant aussi consul général honoraire du Royaume de Norvège à Iéna, les médias norvégiens ont été informés de cette remise de prix ainsi que du passé du mécène et de ses fondations. Il va de même pour les médias français. Afin d'éviter tout malentendu, le lauréat, M. Lothar Spaeth, a été lui-même personnellement informé des tenants et aboutissants de cette affaire.
Paris, le 7 janvier 2003
Lionel Boissou, germaniste, chercheur indépendant
Gérard Loiseaux, dr en littérature française, auteur de ,,La littérature de la défaite et de la collaboration", Fayard 1995
En 1996, le Conseil Municipal, le Rectorat et l'Université de Strasbourg se sont retirés du ,,Prix Strasbourg"décerné par la fondation Toepfer. En conséquence la fondation a été obligée de supprimer ce prix. Par la suite, divers autres prix durent également être supprimés par la fondation Toepfer:
- des prix ,,ethniques"(le ,,Oberrheinischer Kulturpreis", le ,,Prix Jakob Burckhardt"; le ,,Prix Joost van den Vondel",
- ainsi que des prix ,,politiques": ,,Prix Robert Schuman", ,,Médaille d'Or Robert Schuman", ,,Prix Joseph Bech", ,,Prix Emmanuel Kant", ,,Prix Europe de l'Homme d'Etat"etc.
En octobre 1999, une cérémonie préparée dans le plus grand secret par la fondation Alfred Toepfer-Stiftung FvS - conjointement avec la fondation Robert Schuman, Paris - et qui devait se tenir au Sénat de la République française fut annulée au dernier moment par le Président du Sénat, informé par diverses sources de cette man½uvre destinée à réhabiliter la fondation.
En décembre 2002, l'Institut Historique Allemand à Paris avait programmé une table ronde sur ,,Alfred Toepfer et la France: passé et avenir d'un mécénat". Dans son invitation, son directeur affirmait sans état d'âme:
,,La figure du grand négociant et du grand mécène Toepfer avait fini par être rattrapée par un passé qui a dû inquiéter l'Alsace de culture allemande, mais de nationalité française".
A moins d'un mois du quarantième anniversaire du Traité de l'Elysée qui consacrait la réconciliation et l'amitié franco-allemande, cette revendication était pour le moins surprenante et prenait une tournure dommageable pour les relations franco-allemandes. Devant la vague de protestations d'historiens et amis de l'Institut Historique Allemand à Paris, son directeur annula sine die cette table ronde, sans toutefois s'expliquer ni présenter d'excuses pour ce mauvais coup porté à l'amitié franco-allemande.
La remise du Prix Joseph Rey à un lauréat aussi éminent que M. Lothar Spaeth n'est qu'un stratagème: c'est une nouvelle tentative d'une fondation toepferienne pour reprendre pied en France. Quant au récipiendaire, en acceptant cette distinction, il risque de devenir à terme l'otage de la fondation.
Cette remise du Prix Joseph Rey constitue en définitive un nouveau désaveu des mesures prises à l'encontre de la fondation Toepfer par les autorités françaises et une nouvelle provocation des héritiers d'Alfred Toepfer; ainsi qu'une véritable insulte pour la mémoire de tous les Malgré-Nous tombés sur le front russe; surtout si l'on sait le rôle joué par Alfred Toepfer dans l'incorporation de force des Alsaciens.
Monsieur Lothar Spaeth étant aussi consul général honoraire du Royaume de Norvège à Iéna, les médias norvégiens ont été informés de cette remise de prix ainsi que du passé du mécène et de ses fondations. Il va de même pour les médias français. Afin d'éviter tout malentendu, le lauréat, M. Lothar Spaeth, a été lui-même personnellement informé des tenants et aboutissants de cette affaire.
Paris, le 7 janvier 2003
Lionel Boissou, germaniste, chercheur indépendant
Gérard Loiseaux, dr en littérature française, auteur de ,,La littérature de la défaite et de la collaboration", Fayard 1995




