Sous l'occupation, Alfred Toepfer est capitaine de l'Abwehr
en France occupée(1940-1942). Son bureau d'achat (fin 1942 à
mai/juin 1944) se spécialise dans le trafic au marché noir de
bouteilles de champagne, de voitures de luxe, de papier à
cigarette, de fourrures fil de cuivre etc. Il manipule les
mouvements séparatistes en Bretagne, Flandre et Alsace.
Il joue un rôle décisif dans le retour forcé en Alsace et en
Lorraine annexée des Alsaciens-Lorrains réfugiés dans le Sud Ouest
de la France. On le retrouve aussi en Pologne, pour ses propres
affaires et servir aussi l'administration allemande d'occupation.
C'est à ce titre qu'il livre
,,en urgence" de la chaux vive à l'administration
allemande du ghetto de Lodz (chaux destinée à enterrer les
victimes dans des fosses communes).
Après la guerre, Toepfer passe au travers des interrogatoires du MI 5 britanniques et des services français sans trop de peine (deux ans d'internement). Selon la tactique bien connue, il n'avoue que ce que les Alliés savent déjà. En revanche, il se garde bien évidemment de se vanter de ses autres activités. Toutefois, notre pseudo résistant admet qu'il a activement participé - jusqu'à la fin de la guerre - à la commission de l'armement (Rüstungskommission), chargée de galvaniser l'effort de guerre allemand. C'est dans ces fonctions qu'il met en place et dirige un important réseau d'achat de matériaux stratégiques en Espagne et au Portugal (wolfram).
Toepfer se présenta jusqu'à sa mort en ,,victime du nazisme", en ,,Résistant authentique"et en ,,Européen de la première heure". Sa légende dorée dura jusqu'à sa mort, en 1993. Cela, en dépit d'un certain nombre de scandales publics à la suite de révélations sur son passé d'officier de l'Abwehr: par exemple: 1992, en Autriche (à l'occasion de la remise du prix Grillparzer); 1979, en France: à l'occasion de la remise du prix de l'Homme d'Etat européen de la fondation au chancelier Helmut Schmidt et au premier ministre français, Raymond Barre. Devant l'ampleur du scandale dans la presse française, tous deux ont affirmé avoir reversé le montant de ce prix de quatre cent mille francs à des ouvres caritatives. En Suisse, les activités de la fondation Goethe, qui relève de la fondation Toepfer de Hambourg - , ont provoqué une interpellation devant le Sénat de Bâle, une interview à Tele-Basel ainsi qu'un article dans le: Israelitisches Wochenblatt (Bâle, 23/4/1999): ,,Alfred Toepfer: Nazi oder Humanist (A.T : nazi ou humaniste?)
A la fin de la guerre, Alfred Toepfer n'a pas rompu avec son passé au service du national-socialisme. Nombre de ses continuités avec ce passé permettent de réfuter la thèse hâtive et non documentée d'une rupture totale - après 1945 - dans l'action de Toepfer et de ses fondations. Il a cru opportun, dans les années 60 puis 70, de soutenir financièrement le maître à penser des négationnistes allemands: Thies Christophersen - ancien SS-Führer au camp de concentration d'Auschwitz - auteur du livre: Die Auschwitz- Lüge (le mensonge d'Auschwitz) qui deviendra très vite l'ouvrage de référence de tous les négationnistes du monde entier.
L'Institut Historique Allemand développe son plaidoyer en excipant de la ,,commission indépendante des historiens"- qui devait être internationale - et qui n'a trouvé qu'un germaniste français pour étoffer ses rangs. (Cet universitaire n'a fait aucune recherche sur Toepfer et n'a pas participé à la rédaction des travaux de la commission.) Tous les autres universitaires - français ou allemands - approchés par la fondation ont refusé ou ont préféré ne pas donner suite. Les membres de cette soi-disant ,,commission indépendante" ont été choisis, recrutés et financés par la fondation Toepfer.
L'illustre historien allemand: Hans Mommsen - le spiritus rector de cette commission en trompe-l'oeil - n'ignore rien de la problématique de ces commissions prétendument indépendantes. Ses travaux sur le passé de Volkswagen, au sein d'une commission d'historiens recrutés par la fondation Volkswagen, ont donné lieu à une polémique, non pas en Allemagne mais en Grande-Bretagne. Dans The Times Literary Supplement (Londres) cette polémique a fait rage pendant des mois, d'octobre 1998 à septembre 1999. Le chercheur britannique Michael Pinto-Duchinsky reprochait à Hans Mommsen d'avoir accepté ce contrat avec la fondation Volkswagen, peu compatible avec l'éthique professionnelle des historiens et d'avoir commis quelques oublis et quelques analyses peu critiques de faits particulièrement tragiques dans les usines VW. Oublis et euphémisations d'autant plus graves que de mauvais esprits peuvent les mettre au compte d'un souci de ne pas faire de peine au donneur d'ordre. Pinto-Duchansky a soulevé de façon très pertinente la problématique de la valeur des travaux - publiés - par ces historiens allemands sponsorisés par des firmes comme la Deutsche Bank, VW etc. - , soucieuses de faire toute la lumière sur leur passé sous le Troisième Reich. De la même manière, il a posé la problématique de l'accès de ces historiens mercenaires aux archives de ces sociétés et, de façon plus générale, de la valeur scientifique et morale de la ,,Business History", avec ses historiens sponsorisés, spécialisés dans l'histoire des grandes entreprises au passé particulièrement étanche.
Mais jusqu'à ce 10 décembre 2002, la fondation n'avait jamais osé tenter de se réfugier sous les auspices d'institutions gouvernementales allemandes à l'étranger pour échapper à toute suspicion et à toute recherche historique. Ou si elle l'avait tenté, le gouvernement allemand avait su la tenir à distance. C'est pourquoi l'initiative de l'Institut Historique Allemand à Paris constitue une première: depuis la fin de la guerre la fondation Toepfer n'avait jamais encore jamais osé démarcher les institutions de la République fédérale. L'Institut Historique Allemand à Paris estime pour sa part que les universitaires français auraient peut-être intérêt à débattre désormais du ,,passé et de l'avenir"de la Fondation Toepfer, qui, dispose de ,,grands moyens et de beaucoup de bonne volonté". Quels sont ces arguments pour le moins inattendus sous la responsabilité du directeur de cet Institut prestigieux, reconnu dans le monde entier? Quel universitaire irait se compromettre avec cette fondation? Quelle institution française accepterait de se faire renflouer financièrement - en toute discrétion - par la fondation Toepfer?
Bon nombre d'amis de l'Institut Historique allemand à Paris (IHAP )se sont frottés les yeux devant la phrase aussi sibylline que perverse: ,,La figure du grand négociant et grand mécène allemand (1894-1993) avait fini par être rattrapée par un passé qui a dû inquiéter l'Alsace de culture allemande mais de nationalité française (sic)."
D'aucuns, parmi les amis de l'IHAP ont pu croire à un ,,canular", voire à une ,,provocation"destinée à discréditer l'Institut Historique Allemand à Paris. Il n'en est rien, malheureusement. Bien au contraire, cette formulation ,,hégémonique"relève d'une fantasmagorie qui rappelle - dans une certaine mesure - , les ,,prophéties"que l'on trouve développées dans Westschau (Regard sur l'Ouest), opuscule publié en mai 1940 par notre mécène-magnat. Alfred Toepfer y prédisait en clair la mainmise nazie sur l'Europe et la réorganisation du continent en ,,grands espaces économiques interrégionaux", sous la direction du Reich. Et, cette ,,Europe Nouvelle"permettrrait la ,,réintégration"des territoires de peuplement germanique dans le Reich - et en premier lieu de l'Alsace - , au nom de sa prétendue ,,culture et de son peuplement germaniques".
Faut-il penser qu'il ne s'agirait là que d'une erreur de sens historique de la part de la direction de l'Institut Historique Allemand? Ou, sous prétexte de la publication des résultats des travaux de la ,,commission indépendante des historiens", cette invitation témoignerait-elle de l'intérêt que porterait désormais le ministère de la recherche allemand à cette fondation?
Sous couvert de la publication des résultats des travaux de la ,,commission indépendante des historiens"sur la personnalité d'Alfred Toepfer, sur ses sociétés et sur ses fondations - , l'Institut Historique Allemand à Paris, du moins au seul vu de cette invitation - , s'apprêterait-il à se faire de facto l'agent complice de la réhabilitation officielle, publique, de la fondation ,,Alfred C Toepfer Fs S"(FvS = Freiherr vom und zum Stein [baron de Stein]), du moins en France? Quoi qu'il en soit, la fondation Toepfer n'est pas seulement compromise dans la généalogie brune de l'Europe: elle est, aujourd'hui comme hier, compromettante. Non seulement en France, mais en Autriche, mais aussi en Suisse.
Confrontée depuis des année à cette série de scandales, la fondation Toepfer a décidé de partir à la reconquête d'une légitimité et d'un prestige perdus. En effet, en 1996 la Municipalité de Strasbourg, l'Université de Strasbourg et le Rectorat de l'académie de Strasbourg ont décidé de mettre fin à leur participation à la remise du Prix Strasbourg, décerné par la fondation. Cette décision fut prise à la suite de la parution du Livre blanc: Ombres et Lumières sur les Fondations Toepfer, publié par un groupe d'universitaires et de chercheurs. Devant ce désaveu public et ce manque de reconnaissance, la fondation tenta de retrouver une caution officielle française grâce à la mise en place d'une cérémonie officielle au Sénat, en présence de son président. C'est pourquoi, en octobre 2000, la fondation Toepfer lança des invitations à l'occasion de la remise de la ,,médaille d'or Robert Schuman"à l'ancien ministre polonais des affaires étrangères Skubizewski. (Cette médaille est l'une des nombreuses distinctions décernées par la fondation.) Les invitations - signées également par la fondation Robert Schuman - faisaient de cette dernière le cheval de Troie à la fondation Toepfer dans cette manifestation. Cette manouvre fut un fiasco humiliant pour la fondation: le matin de la remise de la médaille d'or, sur ordre de la présidence du Sénat, les huissiers refusèrent l'entrée du Sénat aux héritiers d'Alfred Toepfer et à leurs invités. La cérémonie eut lieu finalement lieu, un an après, à Hambourg.
Les révélations de ce Livre blanc étaient accablantes pour Toepfer, sa vie, ses ouvres. La ,,commission indépendante d'historiens", - montée par la fondation - , avait reçu pour mission explicite, du moins au départ, de procéder à une vérification minutieuse des faits et des analyses de ce Livre blanc afin de les réfuter. A ce jour, les travaux publiés par la fondation sous la forme de deux ouvrages n'ont fait que reprendre les faits révélés dans le Livre blanc - , tout en essayant de les euphémiser et tout en disséminant les faits les plus accablants dans tout le texte ou en les reléguant dans les notes infrapaginales, technique éprouvée qui permet de dissuader les lecteurs plus ou moins pressés de chercher plus loin. Les trous noirs sont nombreux dans ces deux livres. Le plus évident est celui de la problématique des continuités entre la période de 1931 à 1945 et l'après-guerre: le livre consacré aux prix s'arrête en 1945. Ce qui, à l'évidence, passe à la trappe la problématique de la continuité.
Des faits importants et accablants ont été escamotés. C'est ainsi, par exemple, qu'il n'est nulle part fait référence à l'origine réelle de la fortune du ,,magnat hambourgeois", en particulier après la guerre. A preuve: il n'est nulle part fait mention de livraisons d'or par les autorités allemandes en France occupée à des services allemands en Espagne (Ambassade, consulats; Abwehr, sociétés écrans etc.). C'est ainsi que le Bureau de l'Abwehr à Madrid a accusé réception de plusieurs envois d'or démonétarisé (c'est-à-dire: sans une indication sur sa provenance). Parmi ceux-ci s'en détache un: rien qu'entre avril et mai 1942, l'Abwehr a réceptionné 130 (cent trente kilos) d'or en sacs de 10 kgs. Cette livraison était destinée à financer des ,,activités"en relation avec l' ,,Organisation Toepfer"en Espagne. Nous ignorons encore l'étendue réelle de ces ,,livraisons"à l'Organisation Toepfer en Espagne pendant la guerre.
La fondation Toepfer a prétendu s'introniser à la fois plaignant et juge de son propre cas. Situation grotesque s'il en est. A ce jour, la fondation Toepfer n'a pas pu, n'a pas su ou n'a pas voulu - , mesurer, sous prétexte de la publication des résultats des travaux de la commission indépendante d'historiens, quel héritage explosif lui avait légué Alfred C. Toepfer. Bien au contraire, la fondation assume sans hésiter l'héritage tout entier: en 1993, à la mort de Toepfer, ses enfants ont décidé d'adjoindre à la dénomination: ,,fondation Freiherr vom Stein"le nom de son créateur: Alfred C Toepfer. Ce qui donne l'appellation finale de: ,,Alfred Toepfer Stiftung (Fondation) FvS". Quel meilleur aveu de la part de la fondation de son souci d'assumer la continuité avec son fondateur, scandales ou pas?
Est-il concevable, en 2002, et sous couvert de construction européenne et d'idéal européen, que cette fondation - plus que jamais placée sous le patronage de son créateur: Alfred C. Toepfer - puisse prétendre en toute quiétude, reprendre ses activités en France et servir de modèle à la jeunesse française et allemande. Surtout si l'on sait que le magnat Toepfer a honteusement exploité des ouvriers affamés dans ses firmes en Pologne sous l'occupation allemande; et que, encore tout récemment, la fondation Toepfer a refusé de participer au fonds d'indemnisation allemand des travailleurs forcés sous le Troisième Reich.
Que penser d'un ,,mécène"qui prétendait publiquement, à travers toute l'Europe, encourager la science et la culture par ses prix et ses bourses - , et qui avait réalisé des profits pendant toute la guerre dans des opérations commerciales peu dignes de cet ,,humaniste". C'est cependant bien lui qui a livré de la chaux vive - destinée à couvrir les cadavres des victimes - aux autorités nazies du ghetto de Lodz. Que penser de ce mécène qui, avant, pendant et après la guerre, a recruté deux universitaires - nazis notoires: Friedrich Metz et Adolf Rein dans le conseil d'administration de sa fondation?
Que penser d'un mécène qui, après la guerre, n'a pas craint - en connaissance de cause - de recruter pour ses firmes et ses fondations deux grands criminels de guerre allemands:
- Hans-Joachim Riecke, responsable de la mort par la faim et par épuisement de plus de deux millions de prisonniers de guerre et de civils soviétiques.
- Edmund Veesenmeyer, bras droit de Adolf Eichmann à Budapest en 1944 - , et principal responsable de la déportation et de la mort de quatre cent mille juifs hongrois, à Auschwitz.
Manifestement Alfred Toepfer n'avait pas tout à fait compris l'avènement de nouveaux rapports franco-allemands après la guerre. Il lui est arrivé de se trahir et de prouver qu'il n'avait rien oublié de l'occupation. Ainsi, dans les années 70, il avait même décidé de créer un prix Otto Abetz destiné à récompenser des jeunes Français et des jeunes Allemands engagés dans la réconciliation franco-allemande. Il fallut toute la force de persuasion d'un de ses adjoints pour le dissuader de créer ce prix.
En l'état de la question, toute manifestation organisée désormais par la fondation Toepfer en France constitue un risque de trouble à l'ordre public. Malgré les désaveux et les humiliations de cette fondation déclarée depuis 1996 persona non grata par la Municipalité, l'Université et le Rectorat de Strasbourg - , la fondation héritière de Toepfer revendique pleinement l'héritage et ses continuités. Ne vient-elle pas d'annoncer dans les médias qu'elle remettrait le prix Joseph Rey à monsieur Lothar Spaeth (ancien ministre-président du Baden-Wurttemberg) début janvier 2003, à Colmar? Si cette annonce ne relève pas de la provocation délibérée et d'une remise en question des décisions souveraines des autorités françaises, de quoi relève-t-elle? De cette ,,bonne volonté"que souligne l'Institut Historique allemand dans son invitation?
Cet acharnement à s'exonérer de toute accusation peut s'expliquer par une raison plus simple que le souci de protéger la mémoire de Toepfer et de son ,,ouvre": en effet, les dispositions prises par le père fondateur stipulent que, si pour une raison ou une autre, la fondation, après sa mort, n'était plus en mesure de distribuer ses prix - tout le capital de la fondation reviendrait à des universités allemandes - ou ,,germaniques"- en Europe - et non pas aux héritiers d'Alfred Toepfer.
C'est dans ce contexte que l'Institut Historique Allemand à Paris et son Conseil scientifique voudraient nous inciter à croire que la publication des résultats des travaux - pour le moins lacunaires et tendancieux de la majorité des membres de la ,,commission indépendante"- mais au service de la fondation Toepfer - auraient, en définitive, apporté la preuve qu'une réhabilitation de la part des autorités françaises était désormais urgente et impérative. Afin de tolérer que la fondation Toepfer reprenne ses activités en France, comme si de rien n'avait été? Comme si l'Histoire n'avait aucune raison de la considérer comme indésirable, du moins dans ce pays?
C'est pourquoi rien ni personne ne saurait, plus d'un demi siècle après la fin de la guerre - , estimer en conscience qu'il suffirait à ,,cette fondation internationale"de faire déclarer publiquement par l'Institut Historique allemand qu'elle ,,dispose de grands moyens et de beaucoup de bonne volonté"pour gommer le rôle d'Alfred C. Toepfer et de sa fondation dans la perversion de l'idéal européen, qu'il a mise au service du Troisième Reich; puis dans la continuité de son idée fixe, après la guerre, d'une Europa Ethnica à base de ,,rectifications"des frontières des Etats et des régions du continent, sur des critères non seulement ,,ethniques"mais aussi ,,ethno-culturels".
Afin d'éviter des malentendus dommageables aux relations franco-allemandes, cette invitation mériterait clarification et une mise au point rapides de la part de l'Institut Historique Allemand à Paris. Les pouvoirs publics français sont interpellés. L'opinion publique française ne serait-elle pas en droit d'attendre du gouvernement allemand qu'il prenne clairement position sur la question de savoir si c'est bien le rôle et la vocation de l'Institut historique allemand à Paris de servir de caution et de relais aux idées fixes de la fondation Toepfer, depuis sa création en 1931?
Les rapports franco-allemands ne peuvent servir l'Europe que si les deux pays continuent d'être vigilants et éliminent toute incertitude en ce qui regarde le présent et l'avenir de leur politique bilatérale et européenne. En ajoutant le nom de ,,Alfred C. Toepfer"à la dénomination originelle ,,Fondation FvS", après la mort de son fondateur en 1993 - , les héritiers ont clairement manifesté leur volonté de revendiquer le lien indissoluble entre le ,,passé et l'avenir d'une fondation". Et leur refus brutal de faire face à l'Histoire.
Quelle régression historique représenterait une réhabilitation, qui ignorerait délibérément que les fondations Alfred Toepfer - malgré leur art achevé de la finasserie - n'ont pas leur place dans notre Europe démocratique, souveraine et soucieuse de ne tolérer aucune insulte à son Histoire et à son idéal, d'où qu'elle vienne.
Décembre 2002
(Version sans photos)
Signataire de ce communiqué :
Gérard Loiseaux, dr en littérature française. Auteur de La littérature de la défaite et de la collaboration. Fayard, 1995.
Après la guerre, Toepfer passe au travers des interrogatoires du MI 5 britanniques et des services français sans trop de peine (deux ans d'internement). Selon la tactique bien connue, il n'avoue que ce que les Alliés savent déjà. En revanche, il se garde bien évidemment de se vanter de ses autres activités. Toutefois, notre pseudo résistant admet qu'il a activement participé - jusqu'à la fin de la guerre - à la commission de l'armement (Rüstungskommission), chargée de galvaniser l'effort de guerre allemand. C'est dans ces fonctions qu'il met en place et dirige un important réseau d'achat de matériaux stratégiques en Espagne et au Portugal (wolfram).
Toepfer se présenta jusqu'à sa mort en ,,victime du nazisme", en ,,Résistant authentique"et en ,,Européen de la première heure". Sa légende dorée dura jusqu'à sa mort, en 1993. Cela, en dépit d'un certain nombre de scandales publics à la suite de révélations sur son passé d'officier de l'Abwehr: par exemple: 1992, en Autriche (à l'occasion de la remise du prix Grillparzer); 1979, en France: à l'occasion de la remise du prix de l'Homme d'Etat européen de la fondation au chancelier Helmut Schmidt et au premier ministre français, Raymond Barre. Devant l'ampleur du scandale dans la presse française, tous deux ont affirmé avoir reversé le montant de ce prix de quatre cent mille francs à des ouvres caritatives. En Suisse, les activités de la fondation Goethe, qui relève de la fondation Toepfer de Hambourg - , ont provoqué une interpellation devant le Sénat de Bâle, une interview à Tele-Basel ainsi qu'un article dans le: Israelitisches Wochenblatt (Bâle, 23/4/1999): ,,Alfred Toepfer: Nazi oder Humanist (A.T : nazi ou humaniste?)
A la fin de la guerre, Alfred Toepfer n'a pas rompu avec son passé au service du national-socialisme. Nombre de ses continuités avec ce passé permettent de réfuter la thèse hâtive et non documentée d'une rupture totale - après 1945 - dans l'action de Toepfer et de ses fondations. Il a cru opportun, dans les années 60 puis 70, de soutenir financièrement le maître à penser des négationnistes allemands: Thies Christophersen - ancien SS-Führer au camp de concentration d'Auschwitz - auteur du livre: Die Auschwitz- Lüge (le mensonge d'Auschwitz) qui deviendra très vite l'ouvrage de référence de tous les négationnistes du monde entier.
L'Institut Historique Allemand développe son plaidoyer en excipant de la ,,commission indépendante des historiens"- qui devait être internationale - et qui n'a trouvé qu'un germaniste français pour étoffer ses rangs. (Cet universitaire n'a fait aucune recherche sur Toepfer et n'a pas participé à la rédaction des travaux de la commission.) Tous les autres universitaires - français ou allemands - approchés par la fondation ont refusé ou ont préféré ne pas donner suite. Les membres de cette soi-disant ,,commission indépendante" ont été choisis, recrutés et financés par la fondation Toepfer.
L'illustre historien allemand: Hans Mommsen - le spiritus rector de cette commission en trompe-l'oeil - n'ignore rien de la problématique de ces commissions prétendument indépendantes. Ses travaux sur le passé de Volkswagen, au sein d'une commission d'historiens recrutés par la fondation Volkswagen, ont donné lieu à une polémique, non pas en Allemagne mais en Grande-Bretagne. Dans The Times Literary Supplement (Londres) cette polémique a fait rage pendant des mois, d'octobre 1998 à septembre 1999. Le chercheur britannique Michael Pinto-Duchinsky reprochait à Hans Mommsen d'avoir accepté ce contrat avec la fondation Volkswagen, peu compatible avec l'éthique professionnelle des historiens et d'avoir commis quelques oublis et quelques analyses peu critiques de faits particulièrement tragiques dans les usines VW. Oublis et euphémisations d'autant plus graves que de mauvais esprits peuvent les mettre au compte d'un souci de ne pas faire de peine au donneur d'ordre. Pinto-Duchansky a soulevé de façon très pertinente la problématique de la valeur des travaux - publiés - par ces historiens allemands sponsorisés par des firmes comme la Deutsche Bank, VW etc. - , soucieuses de faire toute la lumière sur leur passé sous le Troisième Reich. De la même manière, il a posé la problématique de l'accès de ces historiens mercenaires aux archives de ces sociétés et, de façon plus générale, de la valeur scientifique et morale de la ,,Business History", avec ses historiens sponsorisés, spécialisés dans l'histoire des grandes entreprises au passé particulièrement étanche.
Mais jusqu'à ce 10 décembre 2002, la fondation n'avait jamais osé tenter de se réfugier sous les auspices d'institutions gouvernementales allemandes à l'étranger pour échapper à toute suspicion et à toute recherche historique. Ou si elle l'avait tenté, le gouvernement allemand avait su la tenir à distance. C'est pourquoi l'initiative de l'Institut Historique Allemand à Paris constitue une première: depuis la fin de la guerre la fondation Toepfer n'avait jamais encore jamais osé démarcher les institutions de la République fédérale. L'Institut Historique Allemand à Paris estime pour sa part que les universitaires français auraient peut-être intérêt à débattre désormais du ,,passé et de l'avenir"de la Fondation Toepfer, qui, dispose de ,,grands moyens et de beaucoup de bonne volonté". Quels sont ces arguments pour le moins inattendus sous la responsabilité du directeur de cet Institut prestigieux, reconnu dans le monde entier? Quel universitaire irait se compromettre avec cette fondation? Quelle institution française accepterait de se faire renflouer financièrement - en toute discrétion - par la fondation Toepfer?
Bon nombre d'amis de l'Institut Historique allemand à Paris (IHAP )se sont frottés les yeux devant la phrase aussi sibylline que perverse: ,,La figure du grand négociant et grand mécène allemand (1894-1993) avait fini par être rattrapée par un passé qui a dû inquiéter l'Alsace de culture allemande mais de nationalité française (sic)."
D'aucuns, parmi les amis de l'IHAP ont pu croire à un ,,canular", voire à une ,,provocation"destinée à discréditer l'Institut Historique Allemand à Paris. Il n'en est rien, malheureusement. Bien au contraire, cette formulation ,,hégémonique"relève d'une fantasmagorie qui rappelle - dans une certaine mesure - , les ,,prophéties"que l'on trouve développées dans Westschau (Regard sur l'Ouest), opuscule publié en mai 1940 par notre mécène-magnat. Alfred Toepfer y prédisait en clair la mainmise nazie sur l'Europe et la réorganisation du continent en ,,grands espaces économiques interrégionaux", sous la direction du Reich. Et, cette ,,Europe Nouvelle"permettrrait la ,,réintégration"des territoires de peuplement germanique dans le Reich - et en premier lieu de l'Alsace - , au nom de sa prétendue ,,culture et de son peuplement germaniques".
Faut-il penser qu'il ne s'agirait là que d'une erreur de sens historique de la part de la direction de l'Institut Historique Allemand? Ou, sous prétexte de la publication des résultats des travaux de la ,,commission indépendante des historiens", cette invitation témoignerait-elle de l'intérêt que porterait désormais le ministère de la recherche allemand à cette fondation?
Sous couvert de la publication des résultats des travaux de la ,,commission indépendante des historiens"sur la personnalité d'Alfred Toepfer, sur ses sociétés et sur ses fondations - , l'Institut Historique Allemand à Paris, du moins au seul vu de cette invitation - , s'apprêterait-il à se faire de facto l'agent complice de la réhabilitation officielle, publique, de la fondation ,,Alfred C Toepfer Fs S"(FvS = Freiherr vom und zum Stein [baron de Stein]), du moins en France? Quoi qu'il en soit, la fondation Toepfer n'est pas seulement compromise dans la généalogie brune de l'Europe: elle est, aujourd'hui comme hier, compromettante. Non seulement en France, mais en Autriche, mais aussi en Suisse.
Confrontée depuis des année à cette série de scandales, la fondation Toepfer a décidé de partir à la reconquête d'une légitimité et d'un prestige perdus. En effet, en 1996 la Municipalité de Strasbourg, l'Université de Strasbourg et le Rectorat de l'académie de Strasbourg ont décidé de mettre fin à leur participation à la remise du Prix Strasbourg, décerné par la fondation. Cette décision fut prise à la suite de la parution du Livre blanc: Ombres et Lumières sur les Fondations Toepfer, publié par un groupe d'universitaires et de chercheurs. Devant ce désaveu public et ce manque de reconnaissance, la fondation tenta de retrouver une caution officielle française grâce à la mise en place d'une cérémonie officielle au Sénat, en présence de son président. C'est pourquoi, en octobre 2000, la fondation Toepfer lança des invitations à l'occasion de la remise de la ,,médaille d'or Robert Schuman"à l'ancien ministre polonais des affaires étrangères Skubizewski. (Cette médaille est l'une des nombreuses distinctions décernées par la fondation.) Les invitations - signées également par la fondation Robert Schuman - faisaient de cette dernière le cheval de Troie à la fondation Toepfer dans cette manifestation. Cette manouvre fut un fiasco humiliant pour la fondation: le matin de la remise de la médaille d'or, sur ordre de la présidence du Sénat, les huissiers refusèrent l'entrée du Sénat aux héritiers d'Alfred Toepfer et à leurs invités. La cérémonie eut lieu finalement lieu, un an après, à Hambourg.
Les révélations de ce Livre blanc étaient accablantes pour Toepfer, sa vie, ses ouvres. La ,,commission indépendante d'historiens", - montée par la fondation - , avait reçu pour mission explicite, du moins au départ, de procéder à une vérification minutieuse des faits et des analyses de ce Livre blanc afin de les réfuter. A ce jour, les travaux publiés par la fondation sous la forme de deux ouvrages n'ont fait que reprendre les faits révélés dans le Livre blanc - , tout en essayant de les euphémiser et tout en disséminant les faits les plus accablants dans tout le texte ou en les reléguant dans les notes infrapaginales, technique éprouvée qui permet de dissuader les lecteurs plus ou moins pressés de chercher plus loin. Les trous noirs sont nombreux dans ces deux livres. Le plus évident est celui de la problématique des continuités entre la période de 1931 à 1945 et l'après-guerre: le livre consacré aux prix s'arrête en 1945. Ce qui, à l'évidence, passe à la trappe la problématique de la continuité.
Des faits importants et accablants ont été escamotés. C'est ainsi, par exemple, qu'il n'est nulle part fait référence à l'origine réelle de la fortune du ,,magnat hambourgeois", en particulier après la guerre. A preuve: il n'est nulle part fait mention de livraisons d'or par les autorités allemandes en France occupée à des services allemands en Espagne (Ambassade, consulats; Abwehr, sociétés écrans etc.). C'est ainsi que le Bureau de l'Abwehr à Madrid a accusé réception de plusieurs envois d'or démonétarisé (c'est-à-dire: sans une indication sur sa provenance). Parmi ceux-ci s'en détache un: rien qu'entre avril et mai 1942, l'Abwehr a réceptionné 130 (cent trente kilos) d'or en sacs de 10 kgs. Cette livraison était destinée à financer des ,,activités"en relation avec l' ,,Organisation Toepfer"en Espagne. Nous ignorons encore l'étendue réelle de ces ,,livraisons"à l'Organisation Toepfer en Espagne pendant la guerre.
La fondation Toepfer a prétendu s'introniser à la fois plaignant et juge de son propre cas. Situation grotesque s'il en est. A ce jour, la fondation Toepfer n'a pas pu, n'a pas su ou n'a pas voulu - , mesurer, sous prétexte de la publication des résultats des travaux de la commission indépendante d'historiens, quel héritage explosif lui avait légué Alfred C. Toepfer. Bien au contraire, la fondation assume sans hésiter l'héritage tout entier: en 1993, à la mort de Toepfer, ses enfants ont décidé d'adjoindre à la dénomination: ,,fondation Freiherr vom Stein"le nom de son créateur: Alfred C Toepfer. Ce qui donne l'appellation finale de: ,,Alfred Toepfer Stiftung (Fondation) FvS". Quel meilleur aveu de la part de la fondation de son souci d'assumer la continuité avec son fondateur, scandales ou pas?
Est-il concevable, en 2002, et sous couvert de construction européenne et d'idéal européen, que cette fondation - plus que jamais placée sous le patronage de son créateur: Alfred C. Toepfer - puisse prétendre en toute quiétude, reprendre ses activités en France et servir de modèle à la jeunesse française et allemande. Surtout si l'on sait que le magnat Toepfer a honteusement exploité des ouvriers affamés dans ses firmes en Pologne sous l'occupation allemande; et que, encore tout récemment, la fondation Toepfer a refusé de participer au fonds d'indemnisation allemand des travailleurs forcés sous le Troisième Reich.
Que penser d'un ,,mécène"qui prétendait publiquement, à travers toute l'Europe, encourager la science et la culture par ses prix et ses bourses - , et qui avait réalisé des profits pendant toute la guerre dans des opérations commerciales peu dignes de cet ,,humaniste". C'est cependant bien lui qui a livré de la chaux vive - destinée à couvrir les cadavres des victimes - aux autorités nazies du ghetto de Lodz. Que penser de ce mécène qui, avant, pendant et après la guerre, a recruté deux universitaires - nazis notoires: Friedrich Metz et Adolf Rein dans le conseil d'administration de sa fondation?
Que penser d'un mécène qui, après la guerre, n'a pas craint - en connaissance de cause - de recruter pour ses firmes et ses fondations deux grands criminels de guerre allemands:
- Hans-Joachim Riecke, responsable de la mort par la faim et par épuisement de plus de deux millions de prisonniers de guerre et de civils soviétiques.
- Edmund Veesenmeyer, bras droit de Adolf Eichmann à Budapest en 1944 - , et principal responsable de la déportation et de la mort de quatre cent mille juifs hongrois, à Auschwitz.
Manifestement Alfred Toepfer n'avait pas tout à fait compris l'avènement de nouveaux rapports franco-allemands après la guerre. Il lui est arrivé de se trahir et de prouver qu'il n'avait rien oublié de l'occupation. Ainsi, dans les années 70, il avait même décidé de créer un prix Otto Abetz destiné à récompenser des jeunes Français et des jeunes Allemands engagés dans la réconciliation franco-allemande. Il fallut toute la force de persuasion d'un de ses adjoints pour le dissuader de créer ce prix.
En l'état de la question, toute manifestation organisée désormais par la fondation Toepfer en France constitue un risque de trouble à l'ordre public. Malgré les désaveux et les humiliations de cette fondation déclarée depuis 1996 persona non grata par la Municipalité, l'Université et le Rectorat de Strasbourg - , la fondation héritière de Toepfer revendique pleinement l'héritage et ses continuités. Ne vient-elle pas d'annoncer dans les médias qu'elle remettrait le prix Joseph Rey à monsieur Lothar Spaeth (ancien ministre-président du Baden-Wurttemberg) début janvier 2003, à Colmar? Si cette annonce ne relève pas de la provocation délibérée et d'une remise en question des décisions souveraines des autorités françaises, de quoi relève-t-elle? De cette ,,bonne volonté"que souligne l'Institut Historique allemand dans son invitation?
Cet acharnement à s'exonérer de toute accusation peut s'expliquer par une raison plus simple que le souci de protéger la mémoire de Toepfer et de son ,,ouvre": en effet, les dispositions prises par le père fondateur stipulent que, si pour une raison ou une autre, la fondation, après sa mort, n'était plus en mesure de distribuer ses prix - tout le capital de la fondation reviendrait à des universités allemandes - ou ,,germaniques"- en Europe - et non pas aux héritiers d'Alfred Toepfer.
C'est dans ce contexte que l'Institut Historique Allemand à Paris et son Conseil scientifique voudraient nous inciter à croire que la publication des résultats des travaux - pour le moins lacunaires et tendancieux de la majorité des membres de la ,,commission indépendante"- mais au service de la fondation Toepfer - auraient, en définitive, apporté la preuve qu'une réhabilitation de la part des autorités françaises était désormais urgente et impérative. Afin de tolérer que la fondation Toepfer reprenne ses activités en France, comme si de rien n'avait été? Comme si l'Histoire n'avait aucune raison de la considérer comme indésirable, du moins dans ce pays?
C'est pourquoi rien ni personne ne saurait, plus d'un demi siècle après la fin de la guerre - , estimer en conscience qu'il suffirait à ,,cette fondation internationale"de faire déclarer publiquement par l'Institut Historique allemand qu'elle ,,dispose de grands moyens et de beaucoup de bonne volonté"pour gommer le rôle d'Alfred C. Toepfer et de sa fondation dans la perversion de l'idéal européen, qu'il a mise au service du Troisième Reich; puis dans la continuité de son idée fixe, après la guerre, d'une Europa Ethnica à base de ,,rectifications"des frontières des Etats et des régions du continent, sur des critères non seulement ,,ethniques"mais aussi ,,ethno-culturels".
Afin d'éviter des malentendus dommageables aux relations franco-allemandes, cette invitation mériterait clarification et une mise au point rapides de la part de l'Institut Historique Allemand à Paris. Les pouvoirs publics français sont interpellés. L'opinion publique française ne serait-elle pas en droit d'attendre du gouvernement allemand qu'il prenne clairement position sur la question de savoir si c'est bien le rôle et la vocation de l'Institut historique allemand à Paris de servir de caution et de relais aux idées fixes de la fondation Toepfer, depuis sa création en 1931?
Les rapports franco-allemands ne peuvent servir l'Europe que si les deux pays continuent d'être vigilants et éliminent toute incertitude en ce qui regarde le présent et l'avenir de leur politique bilatérale et européenne. En ajoutant le nom de ,,Alfred C. Toepfer"à la dénomination originelle ,,Fondation FvS", après la mort de son fondateur en 1993 - , les héritiers ont clairement manifesté leur volonté de revendiquer le lien indissoluble entre le ,,passé et l'avenir d'une fondation". Et leur refus brutal de faire face à l'Histoire.
Quelle régression historique représenterait une réhabilitation, qui ignorerait délibérément que les fondations Alfred Toepfer - malgré leur art achevé de la finasserie - n'ont pas leur place dans notre Europe démocratique, souveraine et soucieuse de ne tolérer aucune insulte à son Histoire et à son idéal, d'où qu'elle vienne.
Décembre 2002
(Version sans photos)
Signataire de ce communiqué :
Gérard Loiseaux, dr en littérature française. Auteur de La littérature de la défaite et de la collaboration. Fayard, 1995.




